Pécresse accuse l'Etat de vouloir "mettre l'Ile-de-France à genoux"

Pécresse accuse l'Etat de vouloir "mettre l'Ile-de-France à genoux"
Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle, et Eric Ciotti, le 6 décembre 2021 à Saint-Martin-Vésubie

publié le mercredi 08 décembre 2021 à 18h33

Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle et présidente de l'Ile-de-France, a accusé mercredi le gouvernement de vouloir mettre sa région "à genoux" en lui imposant une réforme de péréquation financière plus forte que celle négociée à l'été avec les autres régions. 

"Le gouvernement, pour des régions évidemment totalement politiques et politiciennes, a décidé de venir nous priver de recettes", a déclaré l'ancienne ministre du Budget en présentant son budget régional 2022, qui devra être entériné par le conseil de lundi à mercredi.

"C'est un Etat impécunieux qui n'a pas les moyens d'aider les régions et qui se sert dans la caisse de l'Ile-de-France" et, "bizarrement", dans celles d'Auvergne-Rhône-Alpes et des Pays de la Loire, deux autres régions dirigées par la droite, a-t-elle encore critiqué. 

Selon Mme Pécresse, l'Ile-de-France avait trouvé un accord avec les autres régions pour reverser via ce mécanisme de redistribution 400 millions d'euros sur l'ensemble du mandat. Mais "le gouvernement est revenu sur cet accord pour prendre une position beaucoup plus défavorable à l'Ile-de-France", lui imposant une péréquation de 800 millions d'euros, soit 400 de plus.

"La Région contribuera pour 51 millions d'euros de plus dès l'année prochaine au profit des autres régions", a indiqué son entourage. "Ce sont autant d'investissements que la Région ne pourra pas faire."

"La région en tirera les conséquences, notamment en ce qui concerne les accords de contractualisation passés avec l'Etat qui sont donc pour nous suspendus", a menacé l'élue des Yvelines qui entend "renégocier chaque contrat, chaque dépense". 

Le CPER (Contrat de plan Etat Région) et le plan de relance, comme le plan friches par exemple, sont concernés par cette remise en question, a précise son entourage à l'AFP.

Malgré cela, la région va continuer "la relance de l'investissement" et de "stabiliser les dépenses de fonctionnement", a-t-elle affirmé en affichant des investissements en hausse de 1,1 milliard d'euros, "soit 73,4%", par rapport à ceux de 2015, dernière année de la gauche au pouvoir régional.

La dette de la région s'établit pour 2021 à un peu plus de 6 milliards d'euros, "soit une quasi stabilisation en volume depuis 2015" (5,36 milliards) pour l'exécutif.

Le groupe PS et apparentés a dénoncé un budget "en baisse par rapport au budget supplémentaire adopté durant l'été", soulignant qu'"aucune initiative n'est prise pour mettre fin à la galère des transports".

Pour Céline Malaisé (PCF), "taper sur l'Etat" pour la réforme de péréquation "ne sert qu'à faire diversion pour cacher les graves coupes budgétaires" prévues par Mme Pécresse en 2022.

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