Pays "islamistes" : Jordan Bardella veut interdire l'entrée sur le territoire des Bengladais, Tchétchènes et Pakistanais

Pays "islamistes" : Jordan Bardella veut interdire l'entrée sur le territoire des Bengladais, Tchétchènes et Pakistanais
Jordan Bardella à Paris, le 25 mai 2020.

, publié le mercredi 09 décembre 2020 à 13h44

"On ne peut pas parler de séparatisme si on ne met pas aujourd'hui en cause la politique migratoire", a-t-il estimé.

"La frontière devrait être fermée" avec les pays "islamistes", a réclamé mercredi 9 décembre le vice-président du RN, Jordan Bardella, en citant le Bangladesh, la Tchétchénie et le Pakistan.

"Nous réclamons que plus aucun ressortissant de pays islamistes ne puisse rentrer sur le territoire français", a déclaré sur France 2 l'eurodéputé RN, pour qui "on ne peut pas parler de séparatisme si on ne met pas aujourd'hui en cause la politique migratoire".


"Quand je vois les images de l'enterrement de l'assassin de Samuel Paty, qui a été célébré en héros en Tchétchénie, eh bien ce sont ces gens-là que nous accueillons aujourd'hui, qui demandent l'asile dans notre pays", s'est-il indigné. "Le Bangladesh, la Tchétchénie, le Pakistan, tous ces pays où il y a eu des manifestations contre la France, effectivement, ne devraient pas pouvoir entrer dans notre pays, la frontière devrait être fermée avec ces pays", a-t-il ajouté.

Le Pakistan est le théâtre depuis le mois de septembre de manifestations anti-françaises, souvent houleuses, après la republication des caricatures du prophète Mahomet par l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo. Pour Jordan Bardella, "le président de la République cède à ces revendications en refusant même d'inscrire le mot islamisme (dans le projet de loi contre les séparatismes) qui est l'idéologie qui nous a déclaré la guerre dans notre pays depuis des années". L'intitulé du projet de loi présenté en conseil des ministres mercredi a fluctué, de loi contre le communautarisme à loi sur les séparatismes, pour s'arrêter sur une "loi confortant le respect des principes de la République".


"Albert Camus disait: 'Mal nommer les choses, c'est ajouter du malheur au monde' et en actant cette reculade sémantique, je pense que ça en dit long sur la faiblesse de nos institutions et sur la faiblesse de l'État", a regretté Jordan Bardella.

Le numéro trois de LR, Aurélien Pradié, a estimé, sur Public Sénat, que l'absence du mot islamisme dans l'intitulé "démontre la faiblesse du président de la République et de son gouvernement".

"Quand on parle de l'islamisme chez nous ce n'est pas une religion, c'est une dérive politique, mais quand on le dit dans des langues étrangères, c'est plus compliqué", a mis en garde l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin sur LCI. "Dans la culture française, le mot islamisme est précis; dans la langue arabe, le mot islamiste est imprécis et n'est pas traduisible avec les mêmes idées", a-t-il expliqué. "Chez nous, il s'agit de combattre ceux qui détournent l'islam pour en faire un outil de guerre", a-t-il précisé.

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