Paul Quilès, ministre PS sous Mitterrand, est décédé

Paul Quilès, ministre PS sous Mitterrand, est décédé
L'ancien ministre de François Mitterrand Paul Quilès est décédé à l'âge de 79 ans. Photo : le 10 novembre 2005 à Carmaux (Tarn).
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publié le vendredi 24 septembre 2021 à 11h15

Paul Quilès, qui fut notamment ministre de l'Intérieur et de la Défense, s'est éteint à l'âge de 79 ans, vendredi 24 septembre à Paris. 

"Mon père s'est éteint ce (vendredi) matin à Paris. Il s'est battu jusqu'au bout comme il l'avait toujours fait dans sa vie pour les autres", a annoncé l'une de ses filles, Emmanuelle Quilès, à l'AFP




La mort de cette figure de la mitterrandie avait été annoncée par erreur mardi par plusieurs médias. 

Yeux bleus perçants et sourire rare 

Portrait. Plusieurs fois ministre socialiste dans les années 80 et 90, notamment de l'Intérieur et de la Défense, Paul Quilès a été une figure marquante de la mitterrandie au pouvoir. 

Yeux bleus perçants et sourire rare, ce polytechnicien à l'allure stricte avait été au centre d'une vive polémique en 1981, après des propos maladroits, exploités par la droite, sur la nécessité de "faire tomber des têtes", une fois la gauche arrivée au pouvoir. 

Maire pendant 25 ans 

Maire de Cordes-sur-Ciel (Tarn) de 1995 à 2020, élu au premier tour lors de quatre mandats consécutifs, il a été député à plusieurs reprises, à Paris puis dans le Tarn. 

Fils d'un officier et d'une institutrice, Paul Quilès est né le 27 janvier 1942 à Saint-Denis-du-Sig, en Algérie française. Après Polytechnique, il est, jusqu'en 1978, ingénieur dans le secteur énergétique auprès de la compagnie pétrolière Shell. Parallèlement, ce catholique, ancien de la jeunesse étudiante chrétienne, entre au PS en 1972 et milite dans le courant mitterrandiste. 

"Robespaul" 

Son ascension politique prend un véritable essor en 1981, quand il devient le directeur de la campagne présidentielle de François Mitterrand qui, en mai, accède à l'Élysée. En octobre, lors du congrès socialiste de Valence, il lance, évoquant la haute administration : "Il ne faut pas se contenter de dire de façon évasive, comme Robespierre (...) en 1794 : 'Des têtes vont tomber'. Il faut dire lesquelles et le dire rapidement !". La droite s'indigne contre celui qu'elle va surnommer dès lors "Robespaul", argument largement utilisé contre lui en 1983 quand il briguera, en vain, la mairie de Paris contre Jacques Chirac. 

Paul Quilès fut pourtant, toute sa vie, un responsable politique modéré. Il expliqua par la suite qu'il voulait en fait "éviter ce qui aurait pu ressembler à une chasse aux sorcières". Mais il admit avoir commis "l'erreur" de prononcer un nom, Robespierre, à "forte charge négative". Il a plus tard rendu publiques des lettres d'hommes politiques de droite, comme Gérard Longuet ou Patrick Devedjian, reconnaissant leur erreur d'interprétation. 

Ministères 

En 1993, l'ancien Premier ministre Michel Rocard a également estimé, dans la revue "L'histoire", qu'on a fait dire à Paul Quilès le contraire de ce qu'il voulait dire, accusant au passage la télévision de "transformer les débats d'idées en crise, pour les besoins du spectaculaire". 

Nommé ministre du Logement en 1983, Paul Quilès est promu à la tête d'un ministère élargi au Tourisme en 1984. De septembre 1985 à mars 1986, il succède au ministère de la Défense à Charles Hernu, contraint de démissionner à la suite de l'affaire du "Rainbow Warrior", nom du navire de Greenpeace saboté par les services secrets français en Nouvelle-Zélande. 

Pour le désarmement nucléaire 

On le retrouve plus tard ministre des Postes et de l'Espace dans le gouvernement Rocard (1988-91). Il est ensuite à nouveau nommé au Logement (et aux Transports), avant d'obtenir le portefeuille de l'Intérieur, en 1992-93. Élu en 1997 président de la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, il préside l'année suivante la mission d'information parlementaire sur le Rwanda. 

Ce père de trois enfants était le président de l'organisation "Initiatives pour le désarmement nucléaire", visant à "l'édification d'un monde plus sûr". Il avait écrit, seul ou en collaboration, trois ouvrages sur la question, "Nucléaire, un mensonge français", "Arrêtez la bombe !" et "L'illusion nucléaire". 
 

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