Pass sanitaire : les manifestations soutenues par des personnalités d'extrême-droite et d'extrême-gauche

Pass sanitaire : les manifestations soutenues par des personnalités d'extrême-droite et d'extrême-gauche©GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

publié le samedi 31 juillet 2021 à 19h02

Le pass sanitaire a été adopté définitivement dimanche dernier au Parlement.

Des dizaines de milliers de personnes dans de nombreuses villes de France. Ce samedi 31 juillet, les manifestations ont à nouveau rassemblé des opposants à l'extension du pass sanitaire, au nom de la "liberté", pour le troisième week-end consécutif.



Des personnalités de l'extrême droite et de l'extrême gauche ont soutenu cette nouvelle journée de mobilisation sur les réseaux sociaux.

Selon la leader du Rassemblement national, Marine Le Pen, "Le gouvernement doit entendre la légitime inquiétude exprimée tant sur l'efficacité que sur les atteintes à la liberté et à l'égalité que suscite le pass sanitaire. Il est encore temps de faire marche arrière".



L'ancien bras droit de cette dernière et président des Patriotes, Florian Philippot, a salué la "gigantesque vague populaire qui a envahi la France". "Macron doit immédiatement retirer son Pass de la honte et sa la loi de la honte ! Se soumettre ou se démettre !", a-t-il continué.


Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui aussi montré son soutien aux manifestants. "Les marches de ce samedi doivent être comprises et respectées. Le pass sanitaire est une fausse bonne idée. Un contrôle généralisé absurde, incohérent et dangereux par l'illusion de protection qu'il répand", a-t-il écrit sur Twitter.

Le président du parti pro-Frexit UPR (Union populaire républicaine) François Asselineau a de son côté annoncé vendredi être positif au Covid-19, et donc empêché de manifester.

Des heurts avec les forces de l'ordre

La veille, les autorités s'attendaient à voir 150.000 personnes défiler. Samedi dernier, les manifestations avaient rassemblé 161.000 personnes et 110.000 une semaine plus tôt.

A Paris, une première manifestation de plusieurs milliers de personnes est partie du métro Villiers (XVIIe) à 14h00 en direction de la place de la Bastille (XIe), émaillée de heurts avec les forces de l'ordre cherchant à contenir le cortège sur le parcours autorisé.

Avant que les manifestants s'élancent, le "gilet jaune" Jérôme Rodrigues avait fustigé "les membres du gouvernement, les membres des médias qui sont là pour vous vendre l'efficacité d'un vaccin sans même avoir aucune preuve".

Vers 16h, la tension est montée à proximité de la place de la République, où la police répondait avec des lacrymogènes aux jets de projectiles ou de pétard de manifestants, criant "non à la dictature" ou chantant la Marseillaise.

Un journaliste de l'AFP a assisté à deux premières interpellations.

Plus de 3.000 policiers et gendarmes mobilisés

Valérie (prénom modifié), 45 ans, éducatrice spécialisée dans un centre d'addictologie, estime "le risque du vaccin supérieur à celui qu'elle court en attrapant le Covid" puisqu'elle est "jeune, en bonne santé et ne souffre pas de comorbidités". Obligée de se faire vacciner pour continuer son travail, elle envisage de "se mettre en arrêt maladie ou d'utiliser un faux pass".

Une deuxième manifestation a démarré après 14h30 près de la gare Montparnasse (VIe), à l'appel de Florian Philippot. Arborant de nombreux drapeaux "bleu blanc rouge" ou un drapeau européen déchiré, les manifestants, sans masques pour la plupart, sont arrivés devant le ministère de la Santé (VIIe).

Plus de 3.000 policiers et gendarmes sont mobilisés pour encadrer les manifestants, une semaine après que des manifestants ont envahi les Champs-Elysées, dont les accès sont bloqués ce samedi.

A Rennes, la manifestation a attiré 2.900 personnes, "sans incidents à ce stade", a indiqué en début d'après-midi la préfecture à l'AFP, soit une mobilisation en hausse par rapport au samedi précédent (2.200 personnes décomptées).

"Je suis le juif de Macron", "vaccinez-moi contre le fascisme et le capitalisme " ou "Médias menteurs ! On veut la vérité", lisait-on sur des pancartes, brandies dans une ambiance festive et bruyante.

A Nantes, les manifestations ont rassemblé "un peu moins de 4.000 personnes", a estimé la préfecture de Loire Atlantique, dans une ambiance "très tendue", selon un photographe de l'AFP.

Dans les villes du Sud-Est, plus de 20.000 personnes ont été dénombrées par les autorités en milieu d'après-midi, principalement à Montpellier (8.500) et à Nice (6.500).

A Marseille, une foule très hétéroclite s'est rassemblée, brandissant le drapeau communiste, celui de la France insoumise (LFI) ou encore le tricolore avec croix de Lorraine.

"Président, députés, sénateurs, scientifiques, journalistes tous des lâches", pouvait-on lire sur une pancarte, et sur une autre "Je ne suis ni un cobaye, ni un QR code".

A Lille, plus de 2.000 personnes, aux profils aussi variés, dont nombre de "gilets jaunes", ont défilé dans le centre, scandant "liberté, liberté" ou "le pass sanitaire, on n'en veut pas, le pass autoritaire, on n'en veut pas".

À Strasbourg, 3.200 personnes, selon la police, défilaient dans le centre ville, sans débordements et en présence de la député ex-LREM Martine Wonner.

A Lyon, plus de 1.200 personnes ont défilé dans deux cortèges, selon la préfecture. A Bordeaux ils étaient 5.500.

Regroupée autour des mots-dièses #manif31juillet et #PassDeLaHonte sur les réseaux sociaux, l'opposition aux mesures gouvernementales fédère des manifestants anti-pass sanitaire, anti-vaccins ou anti-confinement, aux revendications protéiformes.

L'épidémie flambe

Le pass sanitaire a été adopté définitivement dimanche dernier au Parlement.

Déjà appliqué dans les lieux culturels et de loisirs depuis le 21 juillet, son extension pour les cafés, foires, salons, restaurants et trains est prévue le 9 août. Entre temps, le Conseil constitutionnel rendra sa décision sur la loi le 5 août.

De nouveaux confinements sont mis en place ce week-end en Martinique et à la Réunion, où la couverture vaccinale est faible et le taux d'incidence en forte augmentation.

A la Réunion, deux cortèges ont rassemblé des milliers de manifestants samedi, dont un marqué par des échanges de pierres et de lacrymogène à Saint-Denis.

En métropole, l'épidémie flambe notamment dans les départements touristiques et des mesures sanitaires ont été introduites à l'échelle départementale.

Les personnes non vaccinées contre le Covid-19 représentent environ 85% des malades hospitalisés en France, y compris en réanimation, et 78% des décès dus au virus, selon une étude publiée vendredi.

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