Pas de candidat en 2022 ? Les comptes du PS dans le rouge !

Pas de candidat en 2022 ? Les comptes du PS dans le rouge !©D.R.

, publié le mardi 09 février 2021 à 19h00

Selon une information du Point, le Parti socialiste (PS) se retrouve face à un déficit chronique qui l'oblige à entamer un plan d'économies drastique, sous peine de ne pouvoir mener une campagne d'envergure en 2022. 

Les temps sont durs pour certains partis politiques. Après le Rassemblement national, qui connait des problèmes financiers à cause d'une dette colossale (25 millions d'euros en 2018 selon la presse), c'est le Parti socialiste qui semble devoir mettre en place un plan d'action pour apurer des comptes dans le rouge vif, dévoile Le Point.

L'hebdomadaire indique que la direction du PS a expliqué aux salariés et au bureau national la nécessité d'un plan d'économies drastique. 

Et l'enjeu n'est pas mince, il est même capital pour un parti politiquement exsangue sur le plan national. Dans un document interne estampillé "strictement confidentiel" auquel Le Point a eu accès, il est indiqué que si ces pratiques financières se prolongeaient, elles "obèreraient gravement la possibilité de mener une campagne présidentielle sérieuse". En clair, le PS ne pourrait pas, au rythme actuel, assurer une campagne présidentielle digne d'un candidat de premier plan en 2022. 

Conséquence de la gestion précédente et des débâcles électorales

Malgré la vente du siège rue de Solferino (Paris 7e) pour 45,5 millions d'euros fin 2017, le pactole s'est envolé dans le remboursement d'hypothèques, de dettes, et l'achat du nouveau siège d'Ivry, en région parisienne. Le Point explique qu'avant même d'engager les dépenses pour la campagne de Benoît Hamon, le parti accusait un découvert de 17,8 millions d'euros. Si la vente du siège a donné un peu d'air au PS, c'est le train de vie global qui est au-dessus des moyens de l'appareil socialiste, et les débâcles électorales n'arrangent rien. Elles divisent le nombre d'élus par deux, font chuter les recettes liées à leurs cotisations (1,2 million en 2017, 500.000 euros en 2018), mais aussi de facto les dotations publiques (6,1 millions contre 24,8 millions auparavant). Du côté des adhérents, là encore, c'est la chute libre (entre 30.000 et 40.000 désormais selon Le Point). 
Le premier secrétaire Olivier Faure, élu en 2018, doit donc gérer cet héritage de la gestion précédente, menée par Jean-Christophe Cambadélis. Malgré les efforts, Olivier Faure et son équipe enregistrent des pertes de 6 millions d'euros à la fin de l'année 2020, de quoi l'obliger à annoncer la suppression de 21 postes et la réduction drastique de ses dépenses. Par exemple, Le Point rappelle que la traditionnelle université d'été à La Rochelle, dont le coût est estimé à 900.000 euros, a été organisée en 2020 à Blois, pour un coût de 340.000 euros. Par ailleurs, l'entourage d'Olivier Faure assure que le PS n'est pas en découvert bancaire, et indique que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques estime que le Parti socialiste a donné "toute satisfaction en déposant des comptes certifiés et conformes à la loi".  

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