Parlement européen : un déménagement mensuel controversé à 114 millions d'euros par an

Parlement européen : un déménagement mensuel controversé à 114 millions d'euros par an
Au sein même du Parlement, des eurodéputés militent pour abandonner les séances à Strasbourg (ici en photo), trop coûteuses financièrement et en CO2. Mais ils sont rarement Français...

leparisien.fr, publié le dimanche 27 mai 2018 à 18h00

Ce lundi, comme c'est le cas chaque mois, les eurodéputés migrent de Bruxelles (Belgique) à Strasbourg (Bas-Rhin), pour leur séance plénière. Une opération à grande échelle maîtrisée, mais onéreuse.

Un Parlement unique à Bruxelles, où se déroule déjà la plus grosse partie du travail parlementaire ? Depuis plusieurs années, de nombreux eurodéputés militent pour. « Je ne vois pas l'intérêt de se déplacer une fois par mois à Strasbourg, ça coûte beaucoup d'argent et de CO2, alors qu'on pourrait faire les mêmes votes à Bruxelles », s'agace l'élu écologiste Pascal Durand. Selon la Cour des comptes européenne, 114 millions d'euros par an pourraient ainsi être économisés, si Bruxelles devenait le siège unique du Parlement.

Quand 19 000 tonnes de CO2 supplémentaires sont dégagées chaque année, du fait de ces déplacements, selon un rapport parlementaire datant de 2013. Des chiffres contestés par des associations pro-Strasbourg.

« Tout ramener au coût n'est pas une bonne solution, on vit dans une démocratie et il faut que la voix des citoyens s'exprime dans une autre ville que Bruxelles, où il y a déjà le Conseil et la Commission », rétorque Anne Sander, élue dans une circonscription qui englobe justement... Strasbourg. Même si l'eurodéputée se défend de prêcher pour sa paroisse.

Les eurodéputés français veulent garder Strasbourg

Sans surprise, les élus français sont, d'ailleurs, les plus farouches défenseurs du Parlement de Strasbourg. Le gouvernement français avait même porté plainte contre le Parlement européen l'année dernière au motif que le budget européen avait été voté à Bruxelles, et non dans la capitale alsacienne en séance plénière ordinaire !

Reste qu'une majorité de députés, surtout ceux des pays du Nord ou de l'Est, sont pour rapatrier l'intégralité du travail parlementaire à Bruxelles. « Systématiquement, quand on discute du budget, des amendements sont déposés par des Suédois ou des Néerlandais », raconte la socialiste Christine Revault D'Allonnes. Mais en dépit des critiques, l'hémicycle strasbourgeois a encore de l'avenir : un siège unique nécessiterait de changer les traités et donc d'obtenir l'accord unanime des 27 États membres et des parlements nationaux.

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