Parlement européen : Emmanuel Macron demande la reprise des sessions à Strasbourg

Parlement européen : Emmanuel Macron demande la reprise des sessions à Strasbourg
Le Parlement européen à Strasbourg, le 15 janvier 2020.

, publié le lundi 28 septembre 2020 à 15h59

Les députés européens n'ont plus remis les pieds à Strasbourg depuis sept mois et le début de l'épidémie de coronavirus. Ils siègent à Bruxelles.

Emmanuel Macron a demandé au président du Parlement européen, David Sassoli, que les députés européens reviennent siéger à Strasbourg en sessions plénières "dès octobre" en dépit de l'épidémie de coronavirus. 

"Il vous incombe de mettre en œuvre sans délai le retour à la normalité institutionnelle et une reprise des sessions plénières à Strasbourg dès le mois d'octobre", écrit le président français dans une lettre datée du 23 septembre, dont l'existence a été révélée par les Dernières nouvelles d'Alsace.

"La situation sanitaire est certes difficile, mais elle l'est tout autant à Bruxelles qu'à Strasbourg", estime-t-il. 

Malgré cette demande, la prochaine session du Parlement européen, du 5 au 8 octobre, se tiendra à Bruxelles et non à Strasbourg, a annoncé son président David Sassoli.  "Malheureusement, étant donné la récente hausse du taux de transmission du virus en France, y compris dans le département du Bas-Rhin, et dans un souci de santé publique, nous devons reconsidérer le déplacement des députés et employés du Parlement européen, à quelques jours de la première session parlementaire d'octobre", a expliqué David Sassoli.


En raison de l'épidémie de coronavirus, les eurodéputés n'ont plus mis les pieds dans l'hémicycle alsacien depuis sept mois et siègent à la place à Bruxelles.

Pour la cinquième fois cette année, la plénière strasbourgeoise, prévue du 14 au 17 septembre, avait encore été délocalisée, en raison du classement du Bas-Rhin, et donc de Strasbourg, en "zone rouge" Covid. Et la question se pose de savoir si les sessions qui doivent se tenir du 5 au 8 octobre, puis du 19 au 22 octobre, pourront bien avoir lieu dans la capitale alsacienne.

Outre le retour à Strasbourg, Emmanuel Macron suggère dans sa lettre de mettre en place des "mécanismes de compensation" comme "un rallongement des sessions dans les prochains mois" ou encore l'utilisation de l'hémicycle strasbourgeois pour le lancement des travaux de la Conférence pour l'avenir de l'Europe.

Selon les traités européens, l'institution a son siège à Strasbourg, où se tiennent habituellement douze sessions plénières de trois jours et demi par an. Mais le reste du temps, les eurodéputés travaillent à Bruxelles, ce qui est source de débats depuis des années. Tout changement de traité nécessiterait cependant l'aval de l'ensemble des États membres. Les nombreux partisans d'un siège unique, qui serait établi à Bruxelles, dénoncent régulièrement le coût financier et écologique de cette transhumance mensuelle d'environ 2.500 personnes, et le fait que l'immense complexe strasbourgeois ne soit utilisé que quatre jours par mois.

"Vivre avec le virus, c'est aussi poursuivre une vie démocratique la plus normale possible", écrit Emmanuel Macron, qui conclut sa missive d'un message à la main: "Je compte sur toi. Le respect des traités me parait indispensable."

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