Paris sportifs : le gouvernement demande d'envisager des sanctions contre les plateformes visant les jeunes

Paris sportifs : le gouvernement demande d'envisager des sanctions contre les plateformes visant les jeunes©Joël SAGET / AFP

publié le vendredi 09 juillet 2021 à 18h10

Les plateformes de paris sportifs en ligne s'appuient "sur des personnalités publiques laissant supposer que l'on peut gagner sa vie grâce au jeu", dénonce la secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Sarah El Haïri, dans son courrier à la présidente de l'Autorité nationale des jeux.

C'est de saison. Alors que le championnat d'Europe de football bat son plein, le gouvernement s'attaque aux paris sportifs.

La secrétaire d'Etat à la Jeunesse, Sarah El Haïry, a écrit ce vendredi 12 juillet à la présidente de l'Autorité nationale des jeux pour lui demander "d'envisager des sanctions" à l'encontre des plateformes de paris sportifs en ligne qui "visent en effet directement les jeunes via des campagnes de communication et de publicité spécifiques, et plus particulièrement les jeunes les plus fragiles et les plus défavorisés".



"Ces publicités valorisent le jeu en sous-entendant qu'il contribue à la réussite sociale" et les plateformes s'appuient "sur des personnalités publiques laissant supposer que l'on peut gagner sa vie grâce au jeu", dénonce Sarah El Haïri dans son courrier rendu public par BFMTV, rappelant que ces pratiques sont contraires aux règles fixées par un décret de novembre 2020.

"Ce n'est pas acceptable"

Elle appelle la présidente de l'Autorité nationale des jeux, Isabelle Falque Pierrotin, à "se saisir de ce sujet" et, "après enquête", à "envisager des sanctions à l'encontre des plateformes qui contreviendraient à ces principes (avertissement, suspension d'exploitation de jeux, voire sanctions pécuniaires le cas échéant)".

"Avoir une stratégie qui vise spécifiquement les jeunes des quartiers populaires, c'est bâtir un business plan reposant sur les difficultés que rencontrent ces jeunes en leur donnant de faux espoirs (...), c'est fragiliser des situations parfois déjà précaires dans le seul but de faire de l'argent. Ce n'est pas acceptable", prévient la secrétaire d'Etat à la Jeunesse.

L'espace public envahi par les publicités de paris sportifs

Dans les transports, sur les réseaux sociaux ou à la mi-temps des matches... Les publicités de paris sportifs ont envahi l'espace public depuis le début de l'Euro, suivi par deux autres grands rendez-vous de l'été, le Tour de France, jusqu'au 18 juillet, et les jeux Olympiques (24 juillet-9 août).

Le nombre de parieurs sportifs au premier trimestre 2021 a augmenté de 29% par rapport à la même période l'an dernier, selon les chiffres de l'ANJ, pour un total de 2,5 millions de comptes actifs.

Autorisés depuis onze ans en France, les jeux d'argent et de hasard en ligne sont encadrés par l'Autorité nationale des jeux (ANJ), qui n'a la capacité de réguler les publicités que depuis novembre 2020.

"Un poison pour les quartiers populaires"

Le sujet a plusieurs fois été soulevé par la sphère médiatique. En février dernier, une enquête du Bondy Blog avait mis en lumière "les ravages" des paris dans ces quartiers, notamment le "développement de comportements addictifs encouragés par des publicités ciblées et des partenariats bien choisis".


Le 6 juillet dernier, la journaliste Rokhaya Diallo dénonçait les paris sportifs en ligne comme "un poison pour les quartiers populaires". "On est en plein Euro et les paris sportifs, sur le premier trimestre 2021 en France, ont permis de remporter 2,2 milliards d'euros. (...) (Ces publicités) poussent des gens déjà fragiles économiquement, non seulement à s'endetter, mais aussi à rentrer dans des addictions", a-t-elle estimé au micro de LCI.

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