Ouïghours : la France dénonce une "répression institutionnalisée à grande échelle" de la Chine

Ouïghours : la France dénonce une "répression institutionnalisée à grande échelle" de la Chine
Jean-Yves Le Drian à Kehrsatz, en Suisse, le 16 novembre 2020.

, publié le mercredi 24 février 2021 à 13h56

Londres, Ottawa ou Washington ont également pris position, ces dernières semaines, contre le traitement que la Chine inflige à cette minorité musulmane.

La France, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, a dénoncé, mercredi 24 février devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, un "système de répression institutionnalisé" de la Chine à l'encontre des musulmans ouïghours dans la région du Xinjiang (nord-ouest).

"De la région chinoise du Xinjiang, nous parviennent des témoignages et des documents concordants, qui font état de pratiques injustifiables à l'encontre des Ouïghours, et d'un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle", a-t-il déclaré lors d'une intervention par visioconférence. La Chine a loué pour sa part lundi le développement socio-économique au Xinjiang et au Tibet comme un "exemple éclatant" des progrès de la Chine en matière de droits de l'Homme.

Internement, travail forcé, stérilisations


Selon des études d'instituts américains et australien, au moins un million de Ouïghours ont été internés dans des "camps" du Xinjiang et certains ont été soumis à du "travail forcé" ou à des "stérilisations forcées".


La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les "camps" sont des "centres de formation professionnelle" destinés à éloigner la population de l'extrémisme religieux et du séparatisme, après de nombreux attentats meurtriers commis contre des civils par des Ouïghours.

Un "génocide" pour les députés canadiens

Lundi, les députés canadiens ont adopté une motion non contraignante assimilant le traitement réservé par la Chine à sa minorité ouïghoure à "un génocide", provoquant la colère de Pékin qui l'a qualifiée de "provocation malveillante". La motion, déposée à l'initiative des conservateurs (opposition), a été adoptée à la Chambre des communes par 266 voix sur 338. Elle appelle également le gouvernement de Justin Trudeau à se ranger à cet avis. Les autres députés, notamment les ministres du gouvernement libéral de Justin Trudeau, se sont abstenus.


Cette motion reconnaît que "les Ouïghours en Chine ont été et sont soumis à un génocide".

L'ambassade de Chine au Canada a rejeté dans un communiqué cette motion, "un acte honteux", qualifiant les députés canadiens d'"hypocrites et éhontés" pour avoir eu recours "à l'excuse des droits de l'Homme pour s'engager dans une manipulation politique au Xinjiang afin d'interférer dans les affaires intérieures de la Chine".

En janvier déjà, le Royaume-Uni et les États-Unis avaient tenu des propos similaires, Londres évoquant la "barbarie" de la Chine et Washington qualifiant la répression de "génocide".

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