Orléans : Emmanuel Macron rend hommage à Jeanne d'Arc qui "fend le système"

Orléans : Emmanuel Macron rend hommage à Jeanne d'Arc qui "fend le système"
Emmanuel Macron le 8 mai 2016 à Orléans.

Orange avec AFP, publié le dimanche 08 mai 2016 à 17h55

Le ministre de l'Économie et des Finances a présidé ce dimanche 8 mai à Orléans les fêtes annuelles d'hommage à Jeanne d'Arc, qui a selon lui "fendu le système" et "a su rassembler la France".

Emmanuel Macron était invité par le maire d'Orléans à présider ce dimanche 8 mai les fêtes annuelles d'hommage à Jeanne d'Arc. Sa volonté était "de renouer avec le discours républicain face à l'extrême droite qui s'est approprié l'image de Jeanne d'Arc" expliquait son entourage.

Le discours, d'une quinzaine de minutes, du ministre de l'Économie qui vient de lancer son mouvement politique "En marche !" ne devait "pas être un discours fondateur" assurait son entourage. Mais le locataire de Bercy n'a pas manqué dans son allocution sur la "Pucelle d'Orléans" de faire de nombreuses allusions à sa propre trajectoire politique.

S'il a dit "ne pas croire" dans l'homme ou la femme providentielle, le jeune ministre a salué celle qui a provoqué la fin de la guerre de Cent Ans, qui déchirait la France face à l'Angleterre, dans un interminable conflit de succession. "Il n'y a que l'énergie du peuple et le courage de celles et ceux qui se jettent dans l'action. J'aime que Jeanne soit une femme, qui n'avait rien fait avant de se lancer dans l'incroyable aventure, devant les grands capitaines, n'abandonnant rien" a déclaré l'ex-banquier devenu conseiller du président François Hollande, puis ministre, devant plusieurs centaines de personnes réunies au pied de la cathédrale d'Orléans pour ces 587es fêtes johanniques.



"Comme une flèche (...) sa trajectoire est nette, Jeanne fend le système, elle brusque l'injustice qui devait l'enfermer", a-t-il encore lancé lors de son discours riche en références historiques et littéraires, de Michelet à Gambetta en passant par Marc Bloch ou Charles Péguy. "Jeanne se fraye un chemin jusqu'au roi, c'est une femme mais elle prend la tête d'un groupe armé et s'oppose aux chefs de guerre (...) Elle était un rêve fou, elle s'impose comme une évidence". Jeanne "est dans cette France déchirée, coupée en deux, agitée par une guerre sans fin qui l'oppose au royaume d'Angleterre. Elle a su rassembler la France pour la défendre, dans un mouvement que rien n'imposait. Tant d'autres s'étaient habitués à cette guerre qu'ils avaient toujours connue. Elle a rassemblé des soldats de toutes origines. Et alors même que la France n'y croyait pas, se divisait contre elle-même, elle a eu l'intuition de son unité, de son rassemblement", a salué celui dont le mouvement n'est "ni à droite ni à gauche".



Pour Emmanuel Macron, "voilà pourquoi, les Français ont besoin de Jeanne d'Arc car elle nous dit que le destin n'est pas écrit", a-t-il estimé à la fin de son discours.

LES DENTS GRINCENT À DROITE COMME À GAUCHE

La présence d'un membre du gouvernement n'est pas au gout de tout le monde du côté d'Orléans. Alors que le maire Les Républicains de la ville, Olivier Carré a expliqué avoir invité Emmanuel Macron pour le regarde que porte la nouvelle génération auquel il appartient, cinq parlementaires LR ont décidé de boycotter la visite ministérielle. Dans un communiqué, les élus locaux Claude de Ganay, Jean-Pierre Door, Marianne Dubois, Eric Doligé et Jean-Noël Cardoux ont indiqué qu'ils ne "défileront pas avec l'invité d'honneur, ne cautionnant pas la politique du gouvernement dont il est un des ministres. La prise de position des cinq contestataires leur a valu des remontrances du député-maire du chef-lieu du Loiret, qui a rappelé le moment de "concorde, d'unité entre les Français" que constituent les célébrations. Le sénateur du Loiret Jean-Pierre Sueur a également regretté ce boycott, évoquant une "triste régression".

À gauche, la venue du locataire de Bercy ne fait pas non plus l'unanimité. Corinne Leveleux-Teixeira, leader de l'opposition socialiste à Orléans, a fait savoir qu'elle ne défilerait pas avec le ministre. "Cela sent la politique politicienne à plein nez. C'est le rassemblement des libéraux sur le dos de Jeanne d'Arc" dénonce quant à lui Michel Ricoud, élu Front de gauche. Le président du Mouvement des jeunes socialistes, Benjamin Lucas, a critique ce dimanche matin sur iTÉLÉ un nouvel épisode selon lui du "plan de communication" du ministre. Dans l'après-midi, la maire Paris Anne Hidalgo a clairement expliqué qu'elle "n'en avait rien à battre" des "itinéraires des uns et des autres".



Ségolène Royal de son côté a défendu sur France 2 cette commémoration, regrettant que Jeanne d'Arc ait été "longtemps raptée par le Front national". "C'est une histoire de femme extrêmement courageuse, incroyable. Jeanne d'Arc, ce ne sont que des références positives : le courage, la volonté, la jeunesse, l'engagement, la vision, le sacrifice, il y a beaucoup de choses", a précisé la ministre de l'Écologie.

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