"On ne peut pas penser l'économie sans l'humain", affirme Emmanuel Macron au Forum de Davos

"On ne peut pas penser l'économie sans l'humain", affirme Emmanuel Macron au Forum de Davos
Emmanuel Macron se prépare pour son intervention en visioconférence au Forum de Davos, le 26 janvier 2021.

, publié le mercredi 27 janvier 2021 à 13h20

"Nous avons fait dans tous nos pays quelque chose qui était considéré comme impensable : arrêter toutes les activités économiques pour protéger des vies", a déclaré le président de la République, évoquant les "enseignements" à tirer de la crise du Covid-19.

A l'occasion du Forum de Davos, qui se tient cette année du 25 au 29 janvier en visioconférence, Emmanuel Macron a insisté, mardi 26 janvier, sur la dimension "morale" de l'économie et présenté quelques "leçons" à tirer de la crise du Covid-19. "L'économie est redevenue une science morale", a déclaré le chef de l'Etat dans une vidéo relayée sur ses réseaux sociaux, ajoutant qu'on "ne peut pas penser l'économie sans l'humain".



"Ca parait être une banalité de dire ça, mais nous avons fait dans tous nos pays quelque chose qui était considéré comme impensable : arrêter toutes les activités économiques pour protéger des vies.

On s'est rappelé que l'économie était une science morale et que la vie des hommes primaient sur les échanges et les chiffres", a-t-il affirmé.

Le président a également insisté sur cette période qui "nous rappelle notre vulnérabilité". "On ne peut pas penser nos organisations, nos économies sans l'intégrer", a-t-il souligné. "C'était une idée qui nous paraissait parfois lointaine quand on parlait de l'écologie et du climat, mais c'est la même notion. Ce qui se passe autour de nous a un impact sur notre quotidien et peut briser les chaines, changer nos vies", a-t-il poursuivi.

"On ne peut rien reconstruire dans le monde d'après-Covid qui ne tire les leçons de ces éléments fondamentaux : l'économie est redevenue une science morale et rien n'est au dessus de la valeur humaine. Nos sociétés sont vulnérables parce que la nature nous le rappelle. Elles sont vulnérables face à des événements pandémiques, climatiques,...", a-t-il ajouté.



Par ailleurs, dans le cadre des débats virtuels de Davos, des voix se sont élevées pour réclamer un accès "équitable" aux vaccins. Alors que la barre des 100 millions de cas de Covid-19 dans le monde est en passe d'être dépassée, les pays les plus riches ont pris une longueur d'avance dans la course à la vaccination.

Ces accusations font écho à des avertissements répétés de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) contre le "nationalisme vaccinal". "Le nationalisme vaccinal peut servir des objectifs politiques à court terme, mais il est dans l'intérêt économique à moyen et long terme de chaque nation de soutenir l'équité vaccinale", a encore insisté lundi son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

Dans une étude commandée par la Chambre de commerce internationale (ICC), des épidémiologistes ont calculé que même si les économies avancées vaccinent leur propre population, elles auraient néanmoins à subir des coûts allant jusqu'à 4.500 milliards de dollars si les pays les moins avancés n'ont pas accès aux vaccins. "C'est bien plus que les 38 milliards de dollars qu'il en coûterait pour fabriquer et distribuer les vaccins à l'échelle internationale", estime ce document.

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