Olivier Faure : François Hollande tire "en permanence contre son camp"

Olivier Faure : François Hollande tire "en permanence contre son camp"
François Hollande, en novembre 2020, à Paris

, publié le lundi 11 janvier 2021 à 15h20

"Ca n'est pas comme ça qu'on avance", déplore le chef de file socialiste.

François Hollande devrait "aider la gauche à se reconstruire" plutôt que "tirer en permanence contre son camp", a estimé le premier secrétaire du PS Olivier Faure, dimanche 10 janvier, en réponse aux critiques formulées par l'ancien président de la République à l'encontre de la direction de la direction du parti.

"Ca fait des mois et des mois que François Hollande ne contribue pas, jusqu'ici en tout cas, au projet que nous devons porter en 2022 mais passe son temps à asséner ses vérités sur la stratégie que devrait porter le PS. Je suis pour un grand parti central, mais s'il n'est plus central aujourd'hui, à qui le doit-on?", a accusé Olivier Faure sur Radio J.

Dans un nouveau commentaire sur la stratégie du PS, François Hollande a estimé jeudi dans Sud Ouest qu'"appeler au rassemblement" de la gauche, comme le fait Olivier Faure, "sans leader pour incarner l'alternative, est une démarche vaine".

"Quiconque a exercé des responsabilités, connaît les équations dans le cadre de la prochaine élection présidentielle, devrait s'abstenir de tirer en permanence contre son propre camp. Ca n'est pas comme ça qu'on avance et ça n'est pas sur le chaos que peut naître une candidature", a rétorqué Olivier Faure.

L'ancien chef de l'Etat "peut être celui qui, par les compétences qu'il a développées quand il était président, peut aider la gauche à se reconstruire, mais pas en permanence chercher à l'affaiblir, ce qui me paraît totalement contreproductif", a-t-il insisté, en alertant de nouveau sur la possibilité d'un deuxième tour Macron/Le Pen en 2022 si "un bloc" rassemblant gauche et écologistes n'est pas constitué.

Olivier Faure a rappelé de son côté qu'à son arrivée à la tête du  PS il y a près de trois ans, celui-ci "était déjà à terre" et tous les commentateurs se demandait "quand est-ce qu'on met le dernier clou sur le couvercle du cercueil". Interrogé par ailleurs sur le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon qui a jugé "écoeurante" la présence d'Emmanuel Macron à Jarnac sur la tombe de François Mitterrand, Olivier Faure s'est dit "pas sûr que Jean-Luc Mélenchon partage grand chose de ce que François Mitterrand a porté", en particulier sur l'Europe.

Il a aussi considéré, après l'invasion du Capitole par des pro-Trump considérée dans un premier temps comme une "justice immanente" par le leader de LFI, que celui-ci "a toujours revendiqué son propre populisme". Jean-Luc Mélenchon avait ensuite apporté dans un deuxième tweet son "soutien sans condition aux parlementaires des USA" et souligné que "l'extrême droite doit (y) être repoussée et réprimée".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.