Nouvelles restrictions à Aix et Marseille contre le Covid-19 : la colère de Maryse Joissains et Michèle Rubirola

Nouvelles restrictions à Aix et Marseille contre le Covid-19 : la colère de Maryse Joissains et Michèle Rubirola
La maire de Marseille Michèle Rubirola, le 30 juillet 2020.

, publié le jeudi 24 septembre 2020 à 10h10

Les élues dénoncent des mesures qui "vont trop loin" et demandent à l'Etat de revoir sa copie. 

Au lendemain des annonces du ministre de la Santé Olivier Véran, la maire de Marseille Michèle Rubirola est "toujours en colère", a-t-elle expliqué sur BFMTV. "Je n'appelle pas du tout à une désobéissance civile mais il faut que l'Etat revoit sa feuille de route", a-t-elle estimé jeudi 24 septembre.



Comme beaucoup d'élus de la région, elle ne comprend pas les nouvelles restrictions annoncées pour sa ville, des mesures qui lui apparaissent plus comme une punition que comme un moyen efficace de lutter contre le Covid-19. "Le R0 (taux de reproduction, ndlr) diminue, est en dessous de 1 depuis quatre jours, le nombre de nouveaux cas baisse chez les moins de 60 ans", a-t-elle fait valoir.

"Vous voyez que Marseille fait des efforts et que ça marche", a ajouté la maire de la ville. "C'est l'incompréhension la plus totale", a-t-elle ajouté, expliquant qu'il n'y a eu "aucune concertation". "C'est inadmissible", selon l'élue.

"Les décisions annoncées (mercredi) soir, dont je mesure la portée pour les Marseillais, visent précisément à les protéger alors que tous les indicateurs sanitaires sont très dégradés", a répondu le ministre sur Twitter, indiquant qu'il s'était entretenu l'après-midi même avec le président de la région Renaud Muselier, une information démentie par ce dernier. "Un coup de téléphone n'est pas une concertation quand l'appel est passé à 18h30 pour une intervention à 19h, dans la précipitation", a-t-il réagi sur Twitter, s'insurgeant par ailleurs vivement contre les mesures annoncées pour sa région. 




La maire d'Aix-en-Provence Maryse Joissains a également laissé éclater sa colère après les annonces du ministre de la Santé. "Ça va trop loin", a-t-elle commenté auprès de La Provence, parlant d'une "catastrophe". "Je suis dans une colère monstre", a poursuivi l'élue selon laquelle les mesures sont disproportionnées. "Nous avons 5 malades en réanimation, et 10 personnes hospitalisées dans toute la ville", soutient-elle. 

"Leur rôle (au gouvernement) est de protéger, de prévenir, voire de sanctionner, mais pas d'instaurer un climat anxiogène comme cela ! Les gens ne vont plus vouloir mettre leurs enfants à l'école, les commerçants vont faire faillite ! Il faut calmer les gens, ils font tout le contraire...", a-t-elle regretté. "Là, on dérape, moi je dis : ferme-la, Véran !La haute administration est en train de devenir folle", a-t-elle déclaré. Selon Maryse Joissains, le gouvernement sera "directement responsable de la grave crise économique qui s'annonce". "Je n'ai pas envie qu'on ruine ma ville, mes commerçants", ajoute-t-elle.

Pour éviter un nouvel emballement incontrôlé de l'épidémie de Covid-19, le gouvernement a imposé aux principales villes du pays un sévère tour de vis, notamment dans la métropole d'Aix-Marseille, classée en "zone d'alerte maximale". Outre les bars et restaurants, à partir de samedi, tous les "établissements recevant du public" vont y être fermés, sauf ceux qui ont un "protocole sanitaire strict", comme les théâtres, les musées ou les cinémas. Ces mesures, les plus spectaculaires depuis la fin du confinement le 11 mai, ont suscité un mécontentement général à Aix et Marseille.

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