Nouvelle crise à LFI en conflit avec l'un de ses candidats aux européennes

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Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon en meeting pour les européennes à Nîmes, le 5 avril 2019
Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon en meeting pour les européennes à Nîmes, le 5 avril 2019
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© AFP, SYLVAIN THOMAS

AFP, publié le jeudi 18 avril 2019 à 21h03

Critique au vitriol d'un Jean-Luc Mélenchon "autocrate" et aux "méthodes staliniennes", accusation en retour de "harcèlement sexuel": la confrontation jeudi entre la France insoumise et son candidat aux élections européennes Thomas Guénolé ouvre une nouvelle crise chez les Insoumis.

A un mois du scrutin, la campagne de LFI, qui peine à décoller, est une fois de plus éclaboussée, après les enquêtes ouvertes sur les comptes de campagne de 2017 et sur les conditions d'emploi d'assistants d'eurodéputés, et plusieurs polémiques sur le manque de démocratie interne ayant mené à des départs.

Thomas Guénolé, responsable de l'Ecole de formation de LFI, candidat en 14e position - non éligible en l'état actuel des intentions de vote, autour de 8% - avant d'être retiré jeudi de la liste consultable sur le site internet du mouvement, a crevé l'abcès à l'aube avec un communiqué explosif sur son fonctionnement interne.

"Comment peuvent-ils plaider sans relâche pour une vraie démocratie en France, eux qui organisent LFI comme une dictature?", s'y interroge-t-il. "Tandis que le soulèvement historique des +gilets jaunes+ exige le RIC (référendum d'initiative citoyenne, ndlr) et la démocratie directe, Jean-Luc Mélenchon, lui, gouverne LFI en autocrate."

"Thomas Guénolé m'a affirmé son amitié et son soutien à de nombreuses reprises très récentes. Je suis stupéfait qu'il me mette en cause de cette façon. Décidément, rien ne me sera épargné", a réagi à la mi-journée M. Mélenchon.

Pour Thomas Guénolé, "l'appareil central fonctionne comme une toile d'araignée: des cercles de plus en plus étroits, jusqu'à +JLM+ au centre qui in fine décide de tout ce qui compte en symbiose avec Sophia Chikirou", dont le retour pour les européennes avait selon lui provoqué le retrait de la tête de liste pressentie, Charlotte Girard.

Sophia Chikirou, au centre de l'enquête en cours sur les comptes de la campagne LFI de 2017 pour des soupçons de surfacturation de prestations de communication, ne figure pas dans l'organigramme de campagne pour les européennes du 26 mai.

Mais interrogée en mars par l'AFP, elle indiquait que sa société Mediascop était prestataire, tandis qu'elle s'occupait à titre personnel de la coordination de l'alliance européenne "Maintenant le peuple" et d'opérations "comme la levée de fonds pour financer la campagne ou autres productions qu'on me demande".

- "Contre-feu" -

Le comité électoral de LFI rétorque que Thomas Guénolé "instrumentalise des prétextes politiques pour sa défense". Il explique avoir "reçu un signalement d'une jeune femme dénonçant des faits pouvant s'apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé", et avoir en conséquence saisi le 3 mars sa "cellule de veille et de vigilance", qui a rendu son rapport au comité le 15 mars.

Interrogée par l'AFP, Danielle Simonnet, membre de cette cellule, a précisé que les faits visés avaient eu lieu avant que Thomas Guénolé, ancien chroniqueur sur RMC et ex-enseignant à Sciences Po Paris, ne rejoigne les Insoumis. La victime présumée s'est aperçue de la présence du politologue sur la liste pour les européennes et a envoyé un mail à LFI.

Une mise en cause qui, affirme Thomas Guénolé dans son texte, relève de "méthodes staliniennes" destinées à étouffer ses critiques internes récurrentes et "faire pression sur moi pour que je retire +spontanément+ ma candidature LFI à l'élection européenne."

Il a indiqué à l'AFP que son avocat préparait une plainte contre son accusatrice pour dénonciation calomnieuse, ainsi qu'une "procédure judiciaire" contre LFI.

Pour la députée LFI de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain, qui a par le passé exprimé publiquement des doutes sur le fonctionnement interne du mouvement, "les questions qu'il soulève existaient avant même qu'il soit candidat sur la liste", et devront en effet "être à l'ordre du jour après les européennes".

"Qu'est-ce qui lui prend de publier une telle charge, à un mois d'une élection? Il lui prend qu'il a une plainte pour harcèlement sexuel", fulmine-t-elle, regrettant "qu'il décide d'opérer un contre-feu".

"Il avait un peu déserté les réunions et la campagne ces derniers temps", témoigne un autre candidat LFI aux européennes, qui se dit étonné "de cette dénonciation totalement à charge alors qu'il défendait la ligne en bloc".

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