Notre-Dame-des-Landes, l'impossible consensus

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 Emmanuel Macron, le 10 décembre 2017 à l'Elysée

Emmanuel Macron, le 10 décembre 2017 à l'Elysée

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© AFP, PHILIPPE WOJAZER, POOL
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AFP, publié le lundi 11 décembre 2017 à 15h05

Voulue par Emmanuel Macron pour "apaiser" les tensions autour du transfert contesté de l'aéroport nantais à Notre-Dame-des-Landes et l'aider à trancher sur l'avenir du projet quinquagénaire, la médiation gouvernementale a plutôt crispé partisans et opposants, fébriles à l'approche du moment de vérité. 

Une fois le rapport des trois médiateurs dans les mains, le chef de l'Etat devra décider, vraisemblablement avant la fin de l'année, entre deux options: l'optimisation de Nantes-Atlantique ou son déménagement à Notre-Dame-des-Landes, à 30 km plus au nord, déclaré d'utilité publique il y a près de dix ans. 

Après de nombreux rapports et une "commission du dialogue" début 2013 qui ont achoppé à faire consensus, après la consultation locale de juin 2016, favorable au transfert de l'aéroport mais qui n'a pas calmé la contestation, Emmanuel Macron avait souhaité "étudier l'ensemble des options", avant d'enfin arbitrer cet épineux dossier, déjà "chewing-gum sous la godasse", selon le commentaire d'un élu, de son prédécesseur François Hollande. 

Le 1er juin, le nouvel exécutif missionnait trois experts, afin d'envisager "toutes les solutions, (...) dans le sens de l'intérêt général, avec la préoccupation d'apaiser l'ensemble des acteurs et de rétablir l'ordre public". 

- 'Mascarade' -

Mais avant même qu'elle ne démarre, une pluie de critiques s'était abattue sur la mission de médiation, les collectivités locales soutenant le projet et les associations pro-transfert la qualifiant de "mascarade", de "parodie de concertation" ou encore de "médiation de reniement de la parole de l'Etat". 

"En nommant deux médiateurs, dont l'un s'est publiquement opposé à Notre-Dame-des-Landes, et un autre s'est dit réservé, plutôt que d'apaiser la situation, ça l'a au contraire envenimée", souligne Marc Bouchery, directeur général du Syndicat mixte aéroportuaire (SMA), rassemblement de 20 collectivités des Pays de la Loire et de Bretagne impliquées dans la réalisation du projet de nouvel aéroport.

"Le rôle unique de la médiation a été de regarder si on pouvait réaménager Nantes-Atlantique. Elle n'a pas pris en compte le vote des habitants de Loire-Atlantique, les décisions de justice validant le projet et le feu vert de l'Europe", peste de son côté Alain Mustière, président de l'association pro-NDDL "Des ailes pour l'Ouest". 

"On sent la peur panique des pro-aéroport de tout ce qui semble être une remise à plat du dossier. (...) S'ils avaient été sûrs d'eux, ils auraient joué le jeu de la médiation en démontrant que l'optimisation de Nantes-Atlantique n'était pas faisable. Mais ils se sont eux-mêmes affaiblis par cette caricature", considère Ronan Dantec, sénateur écologiste de Loire-Atlantique. 

Les pro-transfert "n'ont jamais été aussi déchaînés", glose Françoise Verchère, co-présidente du Cédpa, collectif d'élus opposés au nouvel aéroport. Pour elle, "les médiateurs ont respecté la lettre de mission, c'était bien écrit qu'ils devaient remettre à plat l'hypothèse de l'optimisation, ce qui n'avait jamais été fait avant". 

"Aujourd'hui, c'est impossible de concilier les pro et les anti-aéroport. Les positions sont trop éloignées, le sujet trop ancien, trop médiatisé", renchérit Jean-Paul Naud, maire de Notre-Dame-des-Landes. 

- 'Une prise de tête' -

Lors d'un point d'étape le 26 septembre à Nantes, après près de 200 auditions, les médiateurs avouaient eux-mêmes leurs difficultés à parvenir à un consensus. 

Ce dossier, "c'est clairement une prise de tête, parce que les positions sont tranchées, sont violentes, de part et d'autre", avait confié Gérard Feldzer, un ancien pilote de ligne proche du ministre de la Transition écologique hostile au projet, Nicolas Hulot. 

"Cette médiation, ça a été une expertise complémentaire qui a permis au président de la République de gagner du temps, mais je ne crois pas que ça l'aide à faire un choix", juge Philippe Grosvalet, président (PS) du département et du SMA, qui a refusé de rencontrer les médiateurs, "illégitimes" selon lui. 

Seul point de consensus entre "pro" et "anti" à l'issue de cette médiation de six mois: après des années d'atermoiements, "il faut décider". 

 
125 commentaires - Notre-Dame-des-Landes, l'impossible consensus
  • Vous avez entendu le premier ministre (sinistre ?) dire qu'il faudra fermer Rennes St Jacques ?
    Il a glissé cela innocemment entre deux phrases, mais il l'a dit. Pourquoi ?
    Si NDDL se faisait il faudra fermer Rennes St Jacques car NDDL sera le grand aéroport de l'Ouest, et l'Europe demande à la France d'envisager la fermeture de nombreux aéroport inutilement subventionnés, et qu'un autre nouvel équipement ne sera toléré sans en fermer au moins un autre. NDDL est situé entre Nantes et Rennes, donc naturellement on va fermer Rennes St Jacques. En plus il est au moins aussi "nuisible" pour les riverains que Nantes Atlantique, car très proche de la ville, il n'est pas rentable même si son trafic a augmenté.
    Il y a même fort à parier que d'autres aéroport régionaux seront fermés un à un, les collectivités locales n'ayant plus le moyens pour les faire fonctionner et un groupe privé ne sera pas intéressé car justement non rentables.
    Donc, les bretons, si vous voulez garder Rennes St Jacques, il y a une solution, l'indépendance !

  • ils vont probablement créer de nouvelles destinations en tout genre avec les passagers qui vont bien afin de légitimer cet aéroport ! les bâtisseurs veulent ces travaux .. c'est tout , ça fait partie des anciennes méthodes des politiques " associés " aux grands des travaux publics . ensuite la région dira ( plus tard ) que par soucis de gestion ces destinations n'étant plus rentables , ils pourront les fermer discrètement et l'essentiel sera sauf , une construction PP à leur actif ainsi , ces bâtisseurs de béton auront les meilleurs loyers et ensuite une fois le flacon vidé le peuple le couteux entretien .. au final cet aéroport ne sera qu'une succession d'impôts inutiles mais nous en avons tellement l'habitude .

  • donner raison à qq milliers d'écologistes et maltraiter des millions de Français (csg retraite etc....) bel exemple de gouvernance

  • On pourrait aussi étudier l'avion à pédales...Restons sérieux et essayons d'imaginer le gel de ce projet, qui entraînerait la saturation (bien engagée) des aéroports devant compenser! Car oui, le transport aérien va s'accroître, c'est le sens de l'histoire, sauf conflit armé majeur, et encore, n'a t on pas vu un bond en avant à la sortie de la 2°guerre mondiale? Un jour prochain, les avions se passeront de kérosène et ils sont déjà bien moins bruyant qu'avant! (les anciens ont encore dans l'oreille le bruit des Boeing 707 et Caravelle...)Les arguments tomberont d'eux mêmes ,mais on aura perdu 20 ans!

  • La ZAD n'est pas le problème, bien au contraire, c'est plutôt une solution pour sauver la planète. Le problème c'est l'aéroport. Un aéroport pour quoi faire ? Telle est la question...
    Pour augmenter indéfiniment le trafic aérien, bientôt on prendra l'avion pour aller de Nantes à Ancenis, ce sera moins cher que la voiture, moins cher sue le train, moins cher, toujours moins cher... Mais toujours aussi polluant !
    La solution :
    Taxer le kérosène (gas-oil des jets) au même niveau que celui des voitures. Je vous garanti qu'avec un litre de Kérosène à 1,40 E, le trafic aérien va chuter, il risque même le crash !
    Certain diront que c'est impossible à faire car ça doit être fait au niveau planétaire pas au niveau d'un pays... foutaises, car ces mêmes gens prétendent s'occuper du réchauffement climatique et le maintenir en dessous de 2° d'ici 2100, or c'est aussi un problème mondial, essayer de le faire au seul niveau de la France revient à pisser dans un violon.
    Donc prenons ce problème mondial en main et taxons le kérosène à bloc, et plus besoin de NDDL, plus besoin d'avions en quantité, et 20% de CO2 en moins et des quantités énormes de micro particules en moins. C'est tout bénéfice !
    Mais voilà, les gens veulent le beurre et l'argent du beurre, ils veulent sauver la planète, et ils font tout pour la cramer !
    De même taxons le transport maritime, et aussi les marchandises, au km, plus elles viennent de loin plus elles sont taxées et plus elles coûtent ! C'est pas compliqué, il faut simplement être cohérent et vouloir vraiment changer les choses...

    Bien vu ! il faudrait même inventer les "week end sans voiture" . Rester chez soi ou bien sortir en vélo. Moins de morts sur la route, moins de pollution, et surtout moins de taxe dans les caisses de l'état, de bénéfice dans les caisse des Sté d'autoroute et de leurs actionnaires etc...

    C'est ça, revenons à l'âge de pierre! La construction de cet aéroport n'a rien à voir avec le réchauffement climatique, Monsieur qui sait tout.

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