Nicolas Hulot jugeait "inaudible" de "partir pendant l'affaire Benalla"

Nicolas Hulot jugeait "inaudible" de "partir pendant l'affaire Benalla"
L'ex ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, le 25 juillet 2018 à l'Élysée.
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Orange avec AFP, publié le mardi 28 août 2018 à 20h18

VIDÉO. Selon le journal Libération, Nicolas Hulot a envisagé de démissionner il y a quelques semaines mais a jugé "inaudible" de le faire pendant l'affaire Benalla.

"Partir pendant l'affaire Benalla, c'est inaudible", expliquait l'ancien ministre de la Transition écologique à une journaliste du quotidien lors d'une conversation téléphonique réalisée le 2 août.

"Je suis dans un putain de dilemme. Mon problème est très simple : soit je m'en vais et ce sera bien pire, soit je reste et il n'y aura pas le grand soir", précisait-il. "Parfois, je n'en dors pas de la nuit".



"Ils n'ont toujours pas compris l'essentiel"

"Quand je suis arrivé (au gouvernement), Emmanuel Macron et Édouard Philippe m'ont dit : 'On va rentrer dans un esprit de coopération'. Et là, on est en permanence dans la confrontation", regrettait-il alors. Le président et le Premier Ministre "n'ont toujours pas compris l'essentiel", selon lui.

"Quand j'obtiens des choses, c'est pour éviter que je me barre. Ils m'ont donné (l'inscription de l'environnement dans) l'article 1 de la Constitution, les éoliennes offshore, pour ne pas que je me barre. Le problème, c'est qu'ils devraient le faire par conviction". Nicolas Hulot avait demandé à la journaliste de "garder ses confidences" pour elle, mais Libération a décidé de "les publier intégralement" à la suite de sa démission, indique le quotidien sur son site.



Si le calendrier de l'annonce de Nicolas Hulot a surpris - beaucoup pensaient qu'il attendrait les arbitrages sur la future feuille de route énergétique avant de trancher -, son départ semblait inévitable depuis plusieurs semaines. Pratiquement dès sa nomination, des écologistes doutaient de sa marge de manœuvre et craignaient que celui qui avait dit non à tous les prédécesseurs d'Emmanuel Macron ne soit qu'une "caution verte" du gouvernement.

"Je me surprends tous les jours à me résigner, à m'accommoder de petits pas", a expliqué l'ex-présentateur d'"Ushuaïa" juste après l'annonce de sa démission sur France Inter, espérant que sa démission provoquerait un "sursaut".

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