Nicolas Hulot et Laurent Berger appellent à un "profond sursaut politique" pour la "transition écologique et la justice sociale"

Nicolas Hulot et Laurent Berger appellent à un "profond sursaut politique" pour la "transition écologique et la justice sociale"
Nicolas Hulot appelle à un "profond sursaut politique" dans une tribune

, publié le dimanche 14 avril 2019 à 08h33

Dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche, l'ancien ministre de la Transition écologique et le leader de la CFDT, ainsi que 16 autres personnalités, interpellent Emmanuel Macron sur l'urgence de la situation.

"Nous n'avons plus le temps d'attendre".

Voici les mots qui introduisent la tribune signée par Nicolas Hulot, Laurent Berger de la CFDT, et une quinzaine de responsables associatifs, publiée dans le Journal du dimanche, ce dimanche 14 avril. Dans celle-ci, les personnalités signataires appellent à un "profond sursaut politique" afin que ce quinquennat ne soit "pas perdu pour la transition écologique et la justice sociale".

Avant l'annonce par Emmanuel Macron de mesures destinées à conclure le grand débat et à éteindre la révolte des "gilets jaunes", la plupart des premiers signataires du "pacte social et écologique" présenté le 5 mars ont donc repris la plume ."Les dernières semaines ont fait place à un concert de voix politiques en faveur d'une interprétation très réductrice de l'expression des Français", estiment-ils.

Ces 16 personnalités, dont Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre) et Véronique Fayet (Secours catholique), refusent de considérer que "l'urgence de la baisse des dépenses publiques et des impôts" puisse être "la principale leçon à tirer de cinq mois d'occupation des ronds-points, de marches pour le climat sans précédents et de quatre mois de grand débat". Une pierre dans le jardin du Premier ministre Edouard Philippe qui avait retenu lundi dernier du grand débat qu'il fallait "baisser plus vite les impôts" face à une "immense exaspération fiscale".

"Ras-le-bol de l'injustice sociale"

Plutôt qu'un "ras-le-bol fiscal, nous voyons un ras-le-bol de l'injustice fiscale. La nuance est de taille", souligne la tribune, observant que "réduire certaines dépenses ne ferait pas de mal à notre pays". Ainsi des "12  milliards d'euros dépensés chaque année en soutien aux énergies fossiles, alors qu'il manque tant de moyens pour isoler les 7  millions de passoires énergétiques, garantir l'accès de tous aux services publics ou dans le lien associatif".

Assumant un "désaccord avec le discours ambiant", les 16 responsables associatifs et syndicaux, parmi lesquels Laurent Escure (Unsa), rejettent une "rigueur budgétaire portée en totem politique. Il n'est plus possible de décider des politiques publiques sans en évaluer l'impact sur les 10 % les plus pauvres de nos concitoyens ou au regard des objectifs de développement durable", martèlent-ils. Pour eux, l'urgence est à l'investissement "dans la transition écologique, solidaire et territoriale", avec des transports "moins polluants", une "rénovation massive de logements" et "la conversion de nos industries".

Ils préviennent aussi sur "les principaux pays asiatiques, qui n'hésitent pas à investir massivement dans les technologies vertes. Notre attentisme est une aubaine pour eux, retardant ou compromettant ainsi la création de millions d'emplois en Europe".

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