Navalny: Bardella (RN) refuse de "s'ingérer dans la vie" de la Russie

Navalny: Bardella (RN) refuse de "s'ingérer dans la vie" de la Russie
Jordan Bardella le 16 janvier 2020 lors de la conférence de presse des voeux du RN à Nanterre

publié le mardi 20 avril 2021 à 08h44

Le numéro deux du RN Jordan Bardella s'est refusé mardi à "s'ingérer dans la vie d'un Etat étranger" et à réclamer la libération de l'opposant russe Alexeï Navalny, tout en faisant valoir qu'il défend "le droit de manifester librement".

Interrogé sur France 2 pour savoir s'il condamnait l'emprisonnement de M. Navalny et demandait à la Russie sa libération, il a dit "défen(dre) le droit de Paris à Moscou de pouvoir manifester librement et paisiblement". "C'est vrai que la manière dont ont été réprimées certaines manifestations peut paraître choquante", a-t-il ajouté.

Il faut donc libérer M. Navalny ? "Je ne me mets pas à la place de la justice, je ne fais pas de l'ingérence, je ne m'ingère pas dans la vie d'un Etat étranger", a-t-il fait valoir, en notant que "M. Navalny a un contentieux éminent avec la justice, en lien aussi avec une entreprise française".

Alors que la santé d'Alexeï Navalny, en grève de la faim, et la situation à la frontière ukrainienne sont sources de vives tensions russo-occidentales, la France a dit dimanche être "extrêmement préoccupée" par l'état de santé de l'opposant, en évoquant la "responsabilité majeure" du président russe Vladimir Poutine.

La Russie a annoncé lundi avoir transféré M. Navalny dans une unité carcérale médicale, tout en affirmant que son état est "satisfaisant". 

Ennemi juré du Kremlin, Alexeï Navalny a survécu à l'été 2020 à une tentative d'empoisonnement dont il tient Vladimir Poutine pour responsable, et a écopé en février de deux ans et huit mois d'emprisonnement pour avoir enfreint un contrôle judiciaire datant de 2014.

Il avait été condamné en décembre 2014 pour le détournement de 26 millions de roubles, au détriment de la filiale russe d'Yves Rocher. 

Interrogé par ailleurs sur les relations avec Moscou de Marine Le Pen, qui avait contracté un prêt russe pour sa campagne présidentielle de 2017 et avait été reçue par Vladimir Poutine, Jordan Bardella a souligné que la présidente du RN, qui "aspire à être cheffe d'Etat", "a parfaitement le droit et a raison d'avoir des relations équilibrées à l'Ouest de l'Europe mais aussi à l'Est".

Il a critiqué "l'anti-russophobie primaire qui nous met dans des difficultés, y compris sur le plan sanitaire" avec une "obsession française anti-Sputnik", du nom du vaccin russe contre le Covid.

Quant à savoir si la Russie pourrait influer sur les résultats de l'élection présidentielle de 2022, il a estimé qu'"Emmanuel Macron passe son temps à chercher des coupables pour fuir ses responsabilités", et que "probablement, s'il perd l'élection présidentielle, il ira chercher des responsabilités du côté de la Russie".

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