Municipales: Roussel sur tous les front pour défendre "les valeurs de gauche"

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Le numéro du PCF Fabien Roussel avec des grévistes de la RATP contre la réforme des retraites à  Vitry-sur-Seine, le 13 janvier 2020
Le numéro du PCF Fabien Roussel avec des grévistes de la RATP contre la réforme des retraites à Vitry-sur-Seine, le 13 janvier 2020
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© AFP, Ludovic Marin

, publié le vendredi 28 février 2020 à 19h50

Coronavirus, crise de l'hôpital, réforme des retraites... Fabien Roussel, numéro un du PCF, est sur tous les fronts à trois semaines des municipales pour défendre les "valeurs de gauche", comme il le répète aux infirmières et cheminots rencontrés dans le Val-de-Marne, dernier bastion d'un parti communiste exsangue.

Le secrétaire national du PCF a choisi de sillonner trois villes de l'unique département encore aux mains de son parti: Villejuif, tombée à droite lors de la "vague bleue" de 2014, Villeneuve-Saint-Georges et Vitry-sur-Seine, toujours communistes, avec le ferme espoir de le rester en mars.

A la veille d'une rencontre jeudi entre les chefs des partis politiques et le Premier ministre Edouard Philippe sur la situation liée à une possible épidémie de coronavirus, M. Roussel a rendu visite aux aides-soignantes des services de réanimation et d'hospitalisation de l'hôpital Paul Brousse, à Villejuif, en grève depuis trois semaines.  

"Non, ce n'est pas une visite de campagne électorale", assure M. Roussel à la directrice de l'établissement hospitalier, venue à sa rencontre pour le prier de partir, sa visite étant jugée inopportune avant les élections. Le dialogue entre la fonctionnaire et le député de l'opposition reste ferme mais courtois. Ce dernier peut toutefois discuter avec le personnel dans la salle réservée aux syndicats. 

Le fait est qu'on ne parle pas politique politicienne mais conditions de travail. Et celles de Paul Brousse sont "extrêmement difficiles", témoignent les jeunes femmes, qui continuent de travailler, bien que grévistes. Certaines sont au bord des larmes: manque de personnel, surcharge de travail, nombreux "burn-out"... "Malheureusement, j'ai déjà entendu ça dans plusieurs hôpitaux de France. Vous avez raison de vous rebeller, de dire +stop+", lâche M. Roussel.

Un mot est sur toutes les lèvres et fait craindre pour l'avenir: coronavirus. Que va-t-on faire en cas d'épidémie? "On est déjà en sous-effectif", s'inquiète Valérie Hong, trente ans de métier derrière elle comme aide-soignante et déléguée syndicale CGT. 

- "Suicides de cheminots" -

Jeudi, le président Emmanuel Macron et le chef du gouvernement sont montés au front contre le coronavirus qui venait de faire un deuxième mort en France, le premier lors d'une visite à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris, le second en assurant qu'il n'y avait lieu "ni d'avoir peur, ni d'être négligent", face au risque d'épidémie.

Vendredi, l'Elysée a annoncé la tenue d'un Conseil de Défense suivi d'un Conseil des ministres "exceptionnels" sur le coronavirus. Un débat est également prévu mercredi au Sénat précédé d'une déclaration du gouvernement.

"Je suis à la commission des finances à l'Assemblée. Ils ont décidé de réduire les dépenses publiques, surtout sur le budget de la santé", se désole le dirigeant communiste. 

Autre sujet de préoccupation: la réforme des retraites. "Il ne faut pas céder, on va tenir ensemble, il faut se battre", insiste M. Roussel, qui craint "l'arme nucléaire" du 49.3, permettant l'adoption de la loi en passant outre le Parlement. 

Selon lui, "le gouvernement Macron fait beaucoup de mal aux Français, les communistes se battent pour redonner à ceux-ci de la confiance, de la dignité, c'est important d'avoir des élus qui défendent des valeurs de gauche".

Ces mots, il les répétera plus tard dans la journée aux cheminots du technicentre SNCF de Villeneuve-Saint-Georges, qui ont aussi, parlent des "conditions de travail qui se détériorent à la vitesse grand V", "dehors à réparer les machines par tous les temps, neige, pluie ou canicule", sans compter "les dépressions nerveuses, les plus de soixante suicides de cheminots ces trois dernières années". "Et on vous traite de privilégiés!", s'emporte M. Roussel. 

"La pression sur les salariés est énorme. On est dans une période particulière, le président de la République est en mission, il faut que tout soit fait en cinq ans", assure le patron du PCF, avant de partir pour une réunion militante à Vitry, l'une des plus grosses villes communistes de France (avec Montreuil et Saint-Denis), avec ses 94.000 habitants et ses 40% de logements sociaux. "Il faut construire une alternative pour un autre projet. D'où le besoin d'un parti communiste plus fort, plus influent", dit-il.

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