Municipales : l'extrême droite peut-elle s'imposer en Occitanie ?

Municipales : l'extrême droite peut-elle s'imposer en Occitanie ?
La présidente du Rassemblement national et députée du Pas-de-Calais Marine Le Pen, le 22 octobre 2019 à l'Assemblée.
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, publié le dimanche 12 janvier 2020 à 13h05

Auprès du Parisien, la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga évalue à une trentaine le nombre de villes qui pourraient voter pour le parti de Marine Le Pen lors des prochaines élections municipales. 

À deux mois des élections municipales, Marine Le Pen lance ce dimanche 12 janvier à Paris la campagne du Rassemblement national. Le RN entend en mars "poursuivre la reconquête" entamée aux européennes, dont il est sorti victorieux, en ouvrant ses listes mais en s'appuyant d'abord sur ses bastions.




Le parti ne donne pas d'objectifs chiffrés. Selon France Inter, le RN voit une cinquantaine de villes gagnables, au lieu de 100 auparavant. La présidente PS du conseil régional d'Occitanie Carole Delga affirme dans Le Parisien ce dimanche qu'une trentaine de villes peuvent basculer à l'extrême droite dans sa région, alors qu'elle en détient deux actuellement, Beaucaire (Gard) (Julien Sanchez) et Béziers (Robert Ménard).




"Vu le niveau d'inquiétude, les fractures que l'on voit dans notre pays, je crains que ça soit un scrutin avec un fort vote d'extrême droite", explique Mme Delga.

Elle s'inquiète notamment pour Perpignan et ses 280.000 habitants, ou Louis Aliot, l'ex-compagnon de Marine Le Pen, est candidat. 

"Ce sont les divisions qui donnent une base solide à l'extrême droite"

Selon son enquête, qui tient compte à la fois des résultats du RN aux européennes de mai 2019 et des contextes locaux, l'extrême droite peut toutefois nourrir des espoirs de victoire dans 34 communes en Occitanie", souligne Le Parisien. "Dans certains cas, le RN table sur le fait que le maire sortant ne se représente pas, comme à Limoux (Aude), Pia (Pyrénées-Orientales) ou Moissac (Tarn-et-Garonne). Dans d'autres, il peut bénéficier de divisions locales, comme à Lunel (Hérault) ou Trèbes (Aude)", précise le quotidien. Le RN compte également sur l'effondrement des Républicains aux européennes pour convaincre élus et militants de le rejoindre. Thierry Mariani a ainsi réactivé son mouvement de la Droite populaire pour favoriser "un rassemblement autour du RN". 

Afin d'éviter la victoire du parti lepéniste, Carole Delga appelle à "lutter contre la division". "Ce sont les divisions qui donnent une base solide à l'extrême droite", estime-t-elle. En tant que "femme de gauche", elle appelle à "l'union de la gauche". Mais pas seulement. Je ne parle pas qu'avec ma famille politique", assure-t-elle, expliquant qu'elle avait exposé cette situation à Emmanuel Macron lors d'un déplacement et échangé avec l'un de ses collaborateurs en juin dernier. "Mais depuis, plus de nouvelles", déplore-t-elle. "Je voulais leur faire prendre conscience du risque, leur indiquer qu'on ne pouvait pas traiter les villes où existe le risque FN comme les autres. Qu'il y fallait un dialogue avec les personnalités locales. Malheureusement cela n'a pas eu lieu. La majorité présidentielle aura un candidat désigné sans discussion à Perpignan et à Beaucaire", explique-t-elle. Une attitude "étonnante", selon elle.

Carole Delga assure par ailleurs, qu'en cas de deuxième tour face au RN, elle n'hésitera pas à s'allier avec la droite. "Pour moi, il n'y a pas de sujet, il faut un front républicain, y compris avec la droite. Je rappelle qu'à Perpignan en 2014, le candidat PS s'est désisté alors qu'à Béziers le candidat de droite s'était maintenu", se remémomère-t-elle. 
 

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