Municipales à Paris : "Surprenante", "grave faute"... l'opposition raille la nomination d'Agnès Buzyn

Municipales à Paris : "Surprenante", "grave faute"... l'opposition raille la nomination d'Agnès Buzyn©Panoramic

, publié le dimanche 16 février 2020 à 18h45

Les réactions se multiplient après l'annonce de la nomination d'Agnès Buzyn pour remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris. L'opposition, notamment, ironise sur cet engagement.

Ce sera finalement elle.

À peine deux jours après le retrait de Benjamin Griveaux dans la course aux municipales, LREM a trouvé son remplaçant. Ou plutôt sa remplaçante. Il s'agit en effet de l'actuelle ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Un choix mûri selon certains, fruit d'une réflexion du président de la République pour d'autres, et peut-être aussi le moyen de relancer une campagne qui s'essoufflait dans le camp de la majorité.



Côté LREM en tout cas, on salue ce choix, à commencer par la secrétaire d'État à l'égalité femmes-hommes qui s'est réjoui d'une candidature qui "offre aux Parisiennes et aux Parisiens la possibilité d'un vrai souffle nouveau". Marlène Schiappa a mis en avant son "envie réciproque". Le porte-parole des sénateurs LREM, Julien Bargeton, a rappelé la capacité de rassemblement d'Agnès Buzyn qui a "su montrer son courage dans le combat pour la PMA pour toutes".


"Je connais sa détermination, son courage et son grand sens des responsabilités", a abondé le ministre de la Culture Franck Riester. Agnès Buzyn qui a aussi reçu le soutien, un peu moins évident de prime abord, de candidats à la succession de Benjamin Griveaux. "Agnès Buzyn a l'envie profonde de s'engager pour Paris. Elle nous en a convaincus. Au boulot pour construire ensemble la suite. Je suis heureux et je serai à ses côtés jusqu'à la victoire", a tweeté Mounir Mahjoubi. Brune Poirson a salué "une femme de convictions" et une "décision pleine d'audace".


"Une grande impression de désinvolture"

Du côté de l'opposition en revanche, la raillerie était de mise dans tous les camps. Interrogé sur BFM TV, le porte-parole du PCF, Ian Brossat, a jugé la candidature de la ministre de la Santé "très surprenante". "Vendredi dernier, elle expliquait qu'elle n'avait pas le temps d'être candidate à la mairie de Paris et qu'elle ne pouvait même pas être candidate à une mairie d'arrondissement", dit-il en référence à une interview qu'elle avait accordée à France Inter la semaine dernière. Et d'ajouter : "On ne s'improvise pas candidat à la mairie de Paris, tout cela donne une grande impression de désinvolture." Même son de cloche pour la députée européenne LFI Manon Aubry, qui a préféré ironiser. "Si elle gère la ville comme elle a géré la crise de l'hôpital public, il ne restera pas grand-chose des services publics parisiens", a-t-elle dit sur Twitter.

Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui aussi réagi sur les ondes de BFM TV. Il a estimé qu'Agnès Buzyn venait pour "éteindre la lumière et fermer la boutique de La République en Marche" en glissant que la campagne de la majorité à Paris était "terminée".


Le directeur de campagne d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, a fustigé un "abandon de poste qui montre que l'intérêt de LREM prime sur l'intérêt national", allant même jusqu'à parler de "grave faute politique". Sur Twitter toujours, Florian Philippot s'est contenté d'un "sans commentaire", en partageant l'interview d'Agnès Buzyn sur France Inter. La sénatrice EELV, Esther Benbassa, pointe du doigt un gouvernement "dont tous les membres ont la tête ailleurs", référence à Édouard Philippe aussi candidat au Havre.

Le plus virulent a sans doute été Éric Ciotti qui remarque que "24 heures avant l'examen de la réforme des retraites et 24 heures après le 1er mort du coronavirus en France, la ministre de la Santé préfère quitter le gouvernement pour sauver En Marche à Paris", raillant le "drôle de sens des priorités du gouvernement".

Enfin, un des principaux intéressés, et désormais adversaire de l'ancienne ministre de la Santé, Cédric Villani, a maintenu sa candidature "dans une démarche libre et indépendante". Il a souhaité "bienvenue et bon courage" à Agnès Buzyn "pour les quatre semaines qui restent dans cette campagne". "J'ai du respect et de l'estime pour Agnès Buzyn", a ajouté le mathématicien.
 

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