Municipales à Paris : LREM affiche ses divisions sur le mode de désignation du futur candidat du parti

Municipales à Paris : LREM affiche ses divisions sur le mode de désignation du futur candidat du parti
La mairie de Paris, photographiée le 14 août 2018.

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 16 juin 2019 à 17h38

Quatre aspirants à la mairie de Paris ont plaidé pour l'organisation d'une "consultation citoyenne" pour désigner le futur candidat du parti pour les municipales de 2020. Les responsables LREM d'arrondissements ont aussitôt pris la parole pour défendre le mode de désignation prévu, à savoir un choix de la commission nationale d'investiture.

Le chef de file des députés de la majorité est intervenu dimanche pour lancer un appel au calme. 

Le parti présidentiel affiche ses divisions à l'approche du choix du candidat à la mairie de Paris pour les municipales de 2020. Les dissensions sont palpables depuis l'installation début juin de la commission nationale d'investiture (CNI) qui désignera l'heureux élu. Elles ont éclaté au grand jour avec la publication samedi 15 juin de deux tribunes, l'une de quatre candidats contestant le mode de désignation du candidat et plaidant pour une "consultation citoyenne", l'autre des 15 responsables LREM d'arrondissements défendant le processus. 

Les candidats contestant le processus craignent de voir la désignation verrouillée au profit de l'ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, qui fait figure de favori. Face à eux, les 15 responsables LREM d'arrondissements défendent "le cadre et les règles qui ont été définis et acceptés de tous". 

La publication de ces deux tribunes intervient alors que la CNI, placée sous la houlette de la députée Marie Guévenoux et du sénateur Alain Richard, doit dévoiler lundi ses premiers candidats dans les villes de France pour les municipales de 2020. Pour Paris, elle auditionnera les prétendants "le 9 juillet pour un verdict a priori le 10", a-t-elle fait savoir.

Un appel à "éviter les guerres fratricides"

Le chef de file des députés de la majorité Gilles Le Gendre est intervenu dimanche pour appeler au calme face à "une affaire qui prend un très vilain tour". "Notre mode de désignation vise précisément à éviter les guerres fratricides", a-t-il affirmé sur France 3.


"Je m'adresse à tout le monde. Nous avons tout à fait la possibilité de gagner Paris mais à une condition, c'est que nous soyons constamment rassemblés jusqu'à l'élection", a-t-il mis en garde. "J'en appelle à la commission pour qu'elle prenne toutes les mesures, toutes les décisions pour que cette désignation à Paris se passe dans le calme et la sérénité et qu'une fois cette décision prise, personne ne puisse la contester", a-t-il poursuivi.

Six aspirants à la mairie de Paris

Outre Benjamin Griveaux, ils sont cinq dans les starting-blocks pour devenir candidat LREM à la mairie de Paris : l'ex-secrétaire d'État Mounir Mahjoubi, le député mathématicien Cédric Villani, le député Hugues Renson, l'élue du 4e arrondissement Anne Lebreton et l'écologiste Antonio Duarte.

Pour convaincre la CNI, chacun devra produire un dossier comprenant une note de stratégie politique pour les 1er et 2e tours, une note sur le projet pour Paris, ou encore un engagement à soutenir le candidat désigné.

Dès l'installation de la CNI, Mounir Mahjoubi, Anne Lebreton, Hugues Renson et Cédric Villani ont jugé l'échéance de début juillet précipitée, souhaitant que la désignation soit repoussée à la rentrée de septembre. "Ceux qui veulent attendre mettent en marche la machine à diviser", avait répondu Benjamin Griveaux.

"Une consultation citoyenne"

Ce sont les quatre mêmes qui ont appelé dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche à "une consultation citoyenne" plutôt qu'une désignation par commission. "Les prochaines élections municipales doivent nous permettre de montrer qu'une autre gouvernance est possible", argumentent-ils.

"Entre une désignation précipitée, prise entre les quatre murs d'un mouvement politique, et une primaire qui déchire, il y a la place pour un processus fait de débat serein et de consultation citoyenne", écrivent-ils encore. "L'ADN de notre mouvement, c'est la confrontation des idées, la réunion de toutes les compétences, et aussi le débat démocratique", a fait valoir Cédric Villani dimanche sur BFMTV. "Pour des élections aussi importantes que celles de Paris, on ne peut pas juste se contenter d'un examen sur dossier et sur oral, on a besoin d'ouvrir la discussion !".

La CNI "compétente et autonome"

Les quinze référents LREM de Paris ont rapidement réagi, dans une tribune publiée sur le site du Huffington Post. "Nos statuts, votés en juillet 2017, définissent les conditions de désignation des candidats", et la commission d'investiture qu'ils prévoient "en a la responsabilité", est "compétente et autonome", font-ils valoir. "Elle a défini son calendrier. Un calendrier à nos yeux adapté vu le chemin que nous avons à parcourir pour donner à Paris un nouveau souffle", ajoutent-ils. 

"Il est temps désormais de laisser notre commission nationale d'investiture mener sereinement son travail, dans le cadre et les règles qui ont été définis et acceptés de tous. La diversité des idées qui seront présentées aux membres de cette commission par chacun des candidats à l'investiture, contribuera à renforcer notre projet pour Paris", concluent-ils, en assurant que ce projet sera porté "collectivement et en confiance aux côtés du candidat qui sera désigné".

Un candidat soutenu par l'Élysée ?

Une fronde contre le candidat Griveaux supposément soutenu en sous-main par l'Élysée ? "Ça se saurait" si Emmanuel Macron avait "un candidat favori", veut croire Cédric Villani, pour qui la question en jeu est "quel candidat pour les Parisiens et les Parisiennes, le plus à même de défendre un projet novateur".

"Ce n'est pas le président de la République qui choisit les candidats aux municipales, à Paris et pas plus que dans les autres villes de France", a assuré Gilles Le Gendre.

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