Municipales 2020 : Rachida Dati rêve de rassembler la droite à Paris

Municipales 2020 : Rachida Dati rêve de rassembler la droite à Paris
Rachida Dati, ici en 2015 au Conseil de Paris, cache de moins en moins ses ambitions pour la capitale.
A lire aussi

leparisien.fr, publié le samedi 28 avril 2018 à 09h10

Pour les municipales de 2020, la maire du VIIe arrondissement se verrait bien conduire une droite parisienne actuellement sans vrai leader et qui ne veut surtout pas de parachutage.

Rachida Dati candidate Les Républicains en 2020 à Paris ? Crédible ? La principale intéressée masque, en tout cas, de moins en moins ses ambitions : « Je veux continuer mon travail européen, mais j'ai aussi un enjeu parisien », glissait l'eurodéputée, lundi matin, sur France Info. Comme en écho aux propos tenus quelques jours plus tôt sur BFMTV : « Imaginons que ma famille politique dise : Pourquoi pas. Et bien, je mènerai le combat ».

Voilà qui est dit, même si le plus dur reste à faire pour la maire du VIIe arrondissement, souvent qualifiée de clivante, et qui est loin de ne compter que des amis dans son propre camp. « Moi clivante ? Mais ce n'est pas le propre des convictions et de la politique ? », balaie, en privé, la principale intéressée, néanmoins prête à mettre de l'eau dans son vin.

« Il faut lui reconnaître qu'elle a de la carrure »

« Elle a compris qu'il fallait qu'elle arrête de dire du mal de tout le monde. Et c'est vrai qu'elle fait des efforts. Elle s'est même remise à payer sa cotisation au groupe LR ! », ironise un conseiller d'arrondissement. « La droite parisienne s'est pacifiée après le départ de NKM mais on a aucun leader qui émerge. Alors tout est possible, même de se ranger derrière Rachida », glisse un autre en résumant autrement la situation : « Le candidat idéal, c'est une personnalité qui a une légitimité à Paris, du charisme et dans l'idéal qui a déjà été ministre. Elle coche les cases. En tout cas, hors de question d'entendre parler à nouveau d'un parachutage ! », balaie-t-il, alors que la rumeur d'une candidature de Virginie Calmels a un temps circulé.

Alors, soutenir Rachida Dati ? Même certains ennemis d'hier y seraient prêts : « On a eu des moments de tension mais on s'est rabiboché. Il faut lui reconnaître qu'elle a de la carrure et qu'elle se débrouille bien à la mairie du VIIe », concède l'ancien député de Paris Bernard Debré.

Le nom de Pierre-Yves Bournazel circule aussi à droite

Un autre nom circule pourtant à droite pour tenter de ravir la capitale à Anne Hidalgo et résister au rouleau compresseur En marche !, celui du député de Paris, Pierre-Yves Bournazel, ex-LR, aujourd'hui membre d'Agir-Les Constructifs. Macron-compatible et bien implanté à Paris. « Mais il manque de notoriété. Et si Benjamin Griveaux (NDLR, l'actuel porte-parole du gouvernement) est candidat, je ne vois pas quel sera son espace », analyse un stratège du parti. « Ce n'est pas encore le temps des personnes et des candidatures ! », reprend de son côté la maire LR du Ve, Florence Berthout, agacée de voir des noms déjà circuler à deux ans de l'élection.

Dati, elle, n'entend visiblement pas perdre de temps. « Quand on est un élu Parisien, Paris est forcément une échéance qui intéresse », confie-t-elle, allant jusqu'à échafauder le scénario d'une possible future campagne, qu'elle mènerait malgré tout en position de challenger : « Si on laboure à fond l'Est parisien (NDLR, là où la droite est largement minoritaire), on peut gagner. Nous en sommes capables, si nous sommes unis et sur le terrain non-stop. Pour gagner, il faut un projet, une équipe et que nous fassions tous campagne dans le même sens » détaille-t-elle.

« Elle fait juste de l'agit-prop autour de Paris »

A ceci prêt qu'elle devra d'ici-là trancher la question de sa participation ou non aux élections européennes de 2019. « C'est soit l'un, soit l'autre », résume un ténor des Républicains, tandis qu'un autre laisse entendre que la rumeur de Paris ne serait qu'un pétard mouillé : « Elle ne quittera jamais son mandat d'eurodéputée, notamment pour des raisons de confort financier. Là, elle fait juste de l'agit-prop autour de Paris pour pouvoir être bankable dans le paysage politique et être investie au bout du compte aux européennes ». « Avec Rachida, c'est toujours comme ça. On n'est jamais certain de rien... », résume, blasé, un ancien ministre.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.