Municipales 2020 : nouvelle alliance entre LR et LREM à Clermont-Ferrand

Municipales 2020 : nouvelle alliance entre LR et LREM à Clermont-Ferrand
Jean-Pierre Brenas, candidat LR à la mairie de Clermont-Ferrand, en février 2014.
A lire aussi

, publié le mercredi 03 juin 2020 à 12h15

Des alliances entre candidats LR et LREM ont également été conclues à Lyon, Strasbourg ou encore Bordeaux. "De La République en marche aux Républicains, il n'y a qu'un pas et il a été franchi", a commenté le PS.

Nouvelle alliance entre des candidats LR et LREM juste avant la clôture du dépôt des listes pour le second tour des élections municipales. Comme à Lyon, Strasbourg ou Bordeaux, les candidats des deux partis ont conclu un accord de dernière minute à Clermont-Ferrand : le candidat LREM Eric Faidy (15,54% au premier tour), cadre chez Michelin de 59 ans s'est ainsi allié avec le LR Jean-Pierre Brenas (20,74%) qui mènera la liste fusionnée dans ce bastion socialiste historique.

Cette alliance relance la campagne face au maire PS sortant, Olivier Bianchi, arrivé largement en tête au premier tour (38%).



"Nous avons décidé avec Jean-Pierre Brenas de continuer à porter le projet qui m'anime pour faire de Clermont une ville verte, solidaire, qui rayonne. Il était important de porter ce projet de façon aussi large que possible, après la crise du Covid que nous avons traversée", a expliqué à l'AFP Eric Faidy. "Je me suis inscrit dans le mouvement de refonte de la vie politique d'Emmanuel Macron. Je ne sais pas si l'investiture de cette liste (par LREM) sera confirmée au deuxième tour", a-t-il toutefois reconnu. De son côté, Jean-Pierre Brenas, qui siège actuellement au conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes dans la majorité de Laurent Wauquiez, a expliqué sur Twitter que "le temps de la campagne municipale", il avait décidé de se "mettre provisoirement en retrait de (s)a famille politique Les Républicains à laquelle (il) reste fidèle".



A Lyon, l'alliance du maire sortant Gérard Collomb avec la droite avait ulcéré nombre de cadres du parti présidentiel et conduit LREM à lui retirer l'investiture dans une région dirigée par Laurent Wauquiez. En Auvergne, des voix commencent d'ailleurs à émerger, s'insurgeant contre cette alliance et réclamant le même sort pour Eric Faidy. 

"De cette décision, que nous considérons comme personnelle et relevant de basses manœuvres politiques ourdies dans le dos des représentants locaux du parti présidentiel, nous exigeons que cette liste fusionnée ne puisse se prévaloir du soutien de La République en Marche pour ne pas tromper notre électorat", écrivent mercredi matin la députée LREM du Puy-de-Dôme Valérie Thomas avec le référent du parti dans le département et la référente jeune. "Nous regrettons profondément le choix personnel de quelques colistiers LREM qui va à l'encontre des valeurs du mouvement créé par le président de la République", ajoutent-ils. 

Pour sa part, le maire sortant Olivier Bianchi a raillé une "alliance d'opportunité", qui est pour lui davantage synonyme de "confusion" que de fusion. Il devra désormais tenter de l'emporter avec sa liste de gauche unie PS/EELV/Générations/PCF, où manquera toutefois La France insoumise. La candidate de LFI Marianne Maximi (12,31% au premier tour) partira seule pour le second tour, regrettant que le maire sortant ait choisi de "rompre avec la tradition de la gauche clermontoise qui savait faire front face à la droite et à l'extrême droite". "Je veux des alliances de projet. J'ai proposé plusieurs fois à La France insoumise de participer à l'exécutif mais ils refusent", a commenté Olivier Bianchi.

Interrogé sur franceinfo sur les accords conclus dans plusieurs villes entre LR et LREM, le patron du Parti socialiste Olivier Faure a estimé que cela constituait "un moment de clarification qui était attendu", appelant au rassemblement à gauche. "Partout La République en marche fait alliance avec Les Républicains. C'est d'ailleurs logique car le Premier ministre en est issu. Et ceux qui dominent la scène du côté de La République en marche, ce sont Monsieur Darmanin (le ministre du Budget, ndlr), Monsieur Le Maire (le ministre de l'Economie, ndlr), qui portent des propositions que portait autrefois la droite. Voilà un moment de clarification qui était attendu", a relevé le socialiste. 

Le premier secrétaire du PS espère que ces unions vont provoquer un électrochoc pour la gauche qui "comprend qu'il y a face à elle un bloc qui se constitue : le bloc des libéraux, des droites, de La République en marche jusqu'aux Républicains". "Et même on comprend que de La République en marche aux Républicains, il n'y a qu'un pas et il a été franchi. Maintenant, à la gauche d'être responsable et de montrer qu'un autre avenir est possible", a-t-il plaidé. 
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.