"Monsieur Sarkozy n'a pas eu de financement libyen" : l'ancien président dédouané par Ziad Takieddine

"Monsieur Sarkozy n'a pas eu de financement libyen" : l'ancien président dédouané par Ziad Takieddine
L'homme d'affaires Ziad Takieddine.

, publié le mercredi 11 novembre 2020 à 19h30

L'homme d'affaires Ziad Takieddine, l'un des principaux témoins à charge de Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen, a retiré ses accusations dans une vidéos publiée par BFMTV et Paris Match ce mercredi 11 novembre.

"Monsieur Sarkozy n'a pas eu un financement libyen pour la campagne présidentielle." Dans une vidéo publiée par BFMTV et Paris Match ce mercredi 11 novembre, le sulfureux homme d'affaires Ziad Takieddine dédouane finalement, face caméra, l'ancien président de la République, mis en examen dans l'affaire du financement libyen. L'homme d'affaires était l'un des principaux témoins à charge contre Nicolas Sarkozy.


L'affaire, instruite depuis 8 ans, porte sur les soupçons de financement par Mouammar Kadhafi et la Lybie de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007.

Ziad Takieddine avait déclaré avoir servi d'intermédiaire au financement libyen. Il change désormais sa version.

"Je l'ai dit haut et fort. Or, ce juge Tournaire (l'ancien juge d'instruction en charge du dossier) a bien voulu tourner ça à sa manière et me faire dire des propos qui sont totalement contraire aux propos que j'ai dits, que j'ai toujours dits : il n'y a pas eu de financement de la campagne présidentielle de monsieur Sarkozy. Jamais", a-t-il martelé. Ziad Takieddine est en fuite à Beyrouth alors qu'il a été condamné en juin en France dans le volet financier de l'affaire Karachi.

Pour Nicolas Sarkozy, "la vérité éclate enfin"

Nicolas Sarkozy n'a pas tardé à réagir. "La vérité éclate enfin", a-t-il posté sur Facebook. "Depuis sept ans et demi, l'instruction n'a pas découvert la moindre preuve d'un quelconque financement illicite. L'information judiciaire ouverte sur les seules déclarations mensongères de Ziad Takieddine se trouve aujourd'hui dans une impasse complète. Le principal accusateur reconnaît ses mensonges. Jamais il ne m'a remis d'argent, jamais il n'y a eu de financement illégal de ma campagne de 2007", a écrit l'ancien président.

"Je demande à mon avocat Thierry Herzog de déposer une requête en démise en examen et d'engager une procédure pour dénonciation calomnieuse contre Ziad Takieddine dont les précédentes allégations m'ont causé un préjudice considérable", a ajouté Nicolas Sarkozy.

Cinq millions d'euros

En novembre 2016, alors que Nicolas Sarkozy briguait l'investiture de la droite à la présidentielle, l'intermédiaire avait affirmé avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 "un total de cinq millions d'euros" dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris.

Des fonds qu'il aurait remis à Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, mais aussi à l'ancien chef de l'État lui-même. Entendu début-octobre par les juges, Nicolas Sarkozy a fourni des éléments qui attesteraient que la rencontre n'a pu avoir lieu le 28 janvier 2007 comme l'affirmait Ziad Takieddine. Depuis, l'homme d'affaires, âgé de 70 ans, est lui-même mis en examen dans ce dossier pour complicité de corruption, de trafic d'influence et complicité de détournement de fonds publics.

"Ce revirement ne trompe personne"

Interrogé à au moins quatre reprises par le juge d'instruction Serge Tournaire, Ziad Takieddine a régulièrement confirmé avoir transporté cet argent libyen destiné à financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. En janvier 2020, lors de sa dernière audition par les successeurs de Serge Tournaire, Aude Buresi et Marc Sommerer, Ziad Takieddine n'est pas revenu sur ces déclarations. Le dossier ne repose pourtant pas uniquement sur les accusations de l'homme d'affaires, mais aussi sur d'autres éléments comme des témoignages de dignitaires libyens ou des notes des services secrets de Tripoli.

Pour l'avocat Vincent Brengarth, avocat de l'association anti-corruption Sherpa, partie civile dans ce dossier, "ce revirement ne trompe personne et n'anéantit en rien les éléments figurant au dossier."

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