"Minimum jeunesse" : les députés LREM et PS s'affrontent sur la meilleure façon d'aider les jeunes

"Minimum jeunesse" : les députés LREM et PS s'affrontent sur la meilleure façon d'aider les jeunes©Thomas SAMSON / AFP

, publié le jeudi 18 février 2021 à 15h20

Le groupe socialiste souhaitait mettre en place un "minimum jeunesse" comprenant un revenu de base dès 18 ans et une dotation sur un compte personnel d'activité pour tout projet de formation, de mobilité ou d'entrepreneuriat. Devant les vives critiques des députés LREM, les socialistes ont retiré leur proposition de loi.

Alors que la jeunesse est durement éprouvée par la crise du Covid-19, députés socialistes et marcheurs se sont affrontés jeudi 17 février à l'Assemblée sur la meilleure façon de lui venir en aide. Dans le cadre de sa "niche" parlementaire, le groupe PS, dirigé par Valérie Rabault, avait inscrit une proposition de loi pour "une aide individuelle à l'émancipation solidaire", issue d'une consultation citoyenne lancée en novembre 2020 sur la plateforme numérique "Parlement et Citoyens". 



Comme l'ont expliqué Boris Vallaud et Hervé Saulignac qui ont porté la proposition socialiste, ce "minimum jeunesse" repose sur un revenu de base pour tous dès 18 ans de 564 euros et sur une dotation sur un compte personnel d'activité de 5.000 euros pour tout projet de formation, de mobilité ou d'entrepreneuriat.

Face aux rebuffades du groupe LREM et du gouvernement sur le texte, le groupe socialiste a proposé "un amendement de compromis" pour ouvrir de manière temporaire, le temps de la crise, le droit au RSA dès 18 ans. Mais après s'être fait à nouveau retoquer cette suggestion, Boris Vallaud a finalement choisi de retirer l'ensemble de la proposition de loi, mettant ainsi un point final aux discussions.



Les socialistes "confondent l'hémicycle avec une salle de conférence de presse", a raillé Monique Iborra (LREM).

Pointant le "trop" grand nombre de textes déposés dans la "niche", elle a estimé "scandaleux" de retirer le texte, une situation "inédite" selon elle. 

Au cours de débats souvent crispés, Boris Vallaud avait préalablement appelé l'Assemblée à faire fi d'un "truisme si souvent partagé : la jeunesse doit en baver et ses devoirs passent avant ses droits". "Votre philosophie est diamétralement opposée à la nôtre", a répondu Brigitte Klinkert, ministre déléguée à l'Insertion. "Mon ambition pour les jeunes, ce n'est pas d'être allocataire" et "la réponse de l'Etat est de donner des perspectives", a-t-elle déclaré.

Appuyée par les "marcheurs", la ministre a mis en avant les mesures prises par le gouvernement : dispositif "Un jeune, une solution", repas à un euro dans les restaurants universitaires, etc. Pour le Modem, Michèle de Vaucouleurs s'est en outre inquiétée du coût budgétaire du dispositif des socialistes, évalué à 21 milliards par an.

L'ensemble de la majorité n'était cependant pas sur la même longueur d'ondes puisque Valérie Petit du groupe Agir a apporté un soutien appuyé aux initiatives socialistes. Par ailleurs, les ex-députés LREM Aurélien Taché et Emilie Cariou, co-présidents du parti Les Nouveaux Démocrates, viennent de déposer une proposition de loi pour la création d'une "allocation d'émancipation de la jeunesse" au niveau du seuil de pauvreté. De son côté, la maire LR du 7e arrondissement de Paris Rachida Dati a demandé à Emmanuel Macron un "revenu minimum" pour les étudiants précaires. 

En décembre, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) avait lui demandé un accès aux minima sociaux pour les 18-25 ans, quel qu'en soit le mécanisme.
 

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