Migrants : "La France pas au rendez-vous de son Histoire", estime Anne Hidalgo

Migrants : "La France pas au rendez-vous de son Histoire", estime Anne Hidalgo
Anne Hidalgo à La Roche-sur-Yon, le 19 décembre 2017.

, publié le dimanche 24 juin 2018 à 13h23

La maire de Paris ne comprend pas le "durcissement" de la politique française sur la question des migrants.

"La France n'est pas au rendez-vous de son Histoire" sur l'accueil des migrants, estime dimanche 24 juin la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo dans une interview au Journal du dimanche.


Mme Hidalgo, qui aurait "aimé que la France accueille ce bateau", l'Aquarius, lance que "le président de la République se dit très pro-européen, mais sur la question des réfugiés, la France n'est pas au rendez-vous de son histoire". "Quant à l'Union Européenne, si elle ne fait rien, elle implosera", poursuit-elle à quelques heures d'un mini sommet sur les migrants à Bruxelles.

En France, à partir de la crise migratoire de 2015, "avec François Hollande et Bernard Cazeneuve, nous n'avons pas trouvé de solution magique, mais nous sommes arrivés à un même constat : l'accueil est une responsabilité de l'État, et les villes doivent soutenir l'État dans son action", plaide la maire PS de la capitale, évoquant le centre pour réfugiés de La Chapelle, dans le nord de Paris.

ANGLE MORT DANS LA LOI ASILE-IMMIGRATION

"Avant, le gouvernement était pragmatique", selon Mme Hidalgo, qui trouve qu'"aujourd'hui, il y a un durcissement difficile à comprendre".

"Gérard Collomb veut renvoyer tous ceux qui ne sont pas arrivés en premier lieu par la France, les 'dublinés'. Mais l'Italie, la Grèce et l'Allemagne le refusent. Ces personnes se retrouvent alors dans l'angle mort de la loi asile immigration. Et des campements se créent", ajoute-t-elle. Interrogée sur un éventuel basculement de l'opinion, la maire de Paris pense notamment que "les Français sont tout à fait capables de comprendre qu'il vaut mieux organiser l'accueil des réfugiés que de laisser prospérer le chaos". 



"Cela demande plus de courage que de flatter le populisme. Mais si l'on cède à cette pente, les gens finiront par préférer l'orignal à la copie. Ma conviction, c'est que nous n'avons pas le droit de nous résigner à ce que des gens vivent dans la rue", estime Mme Hidalgo.

Comme on lui demande si la France doit aller au-delà de quelque 200.000 migrants par an, elle répond: "Nous avons accordé l'asile à 36.000 personne en 2017. Cela représente un réfugié par commune française. Alors oui, notre pays peut davantage (...) il nous faut avancer sur nos deux pieds : à la fois organiser l'accueil, mais aussi réussir l'intégration".

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