Mesures "nécessaires" ou "absurdes", les annonces d'Emmanuel Macron ont provoqué des réactions tranchées

Mesures "nécessaires" ou "absurdes", les annonces d'Emmanuel Macron ont provoqué des réactions tranchées
Le président lors de son allocution télévisée du 14 octobre 2020.

, publié le mercredi 14 octobre 2020 à 22h50

"Nous devons rester unis et appliquer les mesures annoncées par le président", a réagi la maire de Paris Anne Hidalgo aux annonces du chef de l'Etat. "Bienvenue en absurdie", ont commenté à la fois le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon et le numéro deux des Républicains Guillaume Peltier.

Si certains responsables politiques ont salué les mesures annoncées mercredi soir par Emmanuel Macron pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, notamment la mise en place d'un couvre-feu dans neuf territoires, d'autres ont critiqué des mesures "absurdes".

Tour d'horizon des réactions suscitées. 



Pour la maire de Paris Anne Hidalgo, "devant la forte circulation du Covid-19 en France et à Paris, nous devons rester unis et appliquer les mesures annoncées par le président de la République, même si elles sont dures. C'est une nouvelle épreuve, et nous y ferons face, ensemble et solidaires des soignants. Paris continuera de soutenir toutes celles et tous ceux qui la font vivre: les commerçants, les restaurateurs et l'ensemble du monde de la culture. J'ai aussi une pensée pour les plus fragiles, les personnes isolées et notre jeunesse, déjà rudement éprouvés par cette crise."

Jean-Luc Mélenchon, le patron de La France insoumise, a pointé l'absurdité du couvre-feu annoncé : "60 % des contaminations ont lieu au travail ou à l'école ou à l'université entre 8H00 et 19H00. Mais Macron interdit les sorties au bar et au restau entre 20H00 (ndlr: 21H00) et 06H00. Bienvenue en Absurdie."

Adrien Quatennens, député et numéro deux de LFI, et François Ruffin, député LFI, ont également vivement critiqué les annonces du chef de l'Etat. "Plus occupé à offrir des bouts de notre industrie à ses amis qu'à planifier pour tester, tracer, isoler et soutenir le personnel de santé 'quoi qu'il en coûte', Macron confine les quelques heures de liberté dont disposent les Français. Le virus disparaît le matin ?", a fustigé sur Twitter Adrien Quatennens. "Le couvre-feu pour couvrir leur nullité. Plutôt que de prévoir et d'agir depuis le printemps, Macron, en maton, nous enferme. Combien de temps serons-nous victimes de leur incompétence ?", s'est demandé de son côté François Ruffin. 

"La déception doit être vive chez les soignants ce soir, qui n'ont entendu aucune annonce pour les soulager en personnels et en matériel. La politique de tests est un échec. Son amélioration, qui permettait la préservation de nos grandes libertés publiques, doit être une PRIORITÉ", a fustigé la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen.

Guillaume Peltier, numéro 2 des Républicains a également évoqué "l'absurdité" des mesures annoncées. "On nage en absurdie : couvre-feu la nuit mais métro le jour ; métropoles fermées mais vacances pour tous à la campagne ; rien sur le recrutement des soignants et la création de lits de réanimation ; rien pour les salaires des travailleurs mais une énième prime du RSA." A l'opposé, Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes a salué "le couvre-feu annoncé par le Président de la République. Une mesure forte et indispensable pour faire reculer le virus. Nous sommes à un moment de bascule où l'impératif sanitaire prime."

"Couvre-feu dans les zones les plus à risques, soutien aux secteurs économiques en difficulté et aux plus précaires, proportionnalité des mesures, vote du Parlement, appel aux responsabilités, Emmanuel Macron atout majeur de la France dans la crise", a salué de son côté Sacha Houlié, député LREM. Gilles Le Gendre, également député LREM, a également fait part de son soutien aux mesures annoncées. "Le couvre-feu annoncé par le Président Emmanuel Macron est une décision de sagesse permettant de freiner le virus sans que le virus n'arrête le pays. Mais il symbolise aussi l'esprit de responsabilité que nous devons témoigner dans tous les actes de notre vie pour nous protéger."

De son côté, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a notamment regretté l'absence de mesures pour encourager le télétravail. "Un couvre-feu est annoncé. Il peut être une partie de la solution. Mais comment comprendre que rien ne soit prévu pour encourager le télétravail alors que les contaminations sont plus nombreuses au travail et les transports que dans la sphère privée", écrit-il sur Twitter. Il a également regretté des mesures d'accompagnement pour les familles précarisées et pour les jeunes privés de ressources "notoirement insuffisantes". 

Quant à Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, il "espère que le gouvernement ne commettra pas l'erreur commise pendant la première vague". "Pour que le couvre-feu soit efficace, il faut aussi réussir la stratégie qui a été mise en échec jusqu'à présent : le dépistage rapide, le traçage efficace et l'isolement effectif", souligne-t-il. 
 

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