Mesures anti-covid : Jean-Luc Mélenchon dénonce une "dérive autoritaire" et prédit des "effets de rébellion"

Mesures anti-covid : Jean-Luc Mélenchon dénonce une "dérive autoritaire" et prédit des "effets de rébellion"
Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée nationale, le 20 octobre 2020.

, publié le lundi 26 octobre 2020 à 13h00

Selon le chef de file de La France insoumise, "on ne peut rien discuter" des mesures prises par le gouvernement pour endiguer l'épidémie de coronavirus, une dérive autoritaire qui risque de "mal tourner". 

Dans une ambiance souvent tendue, l'Assemblée nationale a voté samedi la prorogation de l'état d'urgence sanitaire, jusqu'au 16 février. A gauche comme à droite, l'opposition a haussé le ton dans l'hémicycle pour s'inquiéter de la "mise entre parenthèses des libertés publiques" par cette "arme atomique" de l'état d'urgence. Le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a voté contre cette prolongation.

"Les multiplications de ces états d'urgence sont attentatoires progressivement à nos libertés", a estimé le leader insoumis lundi 26 octobre sur France Inter. "Nous ne cessons de voter au Parlement des lois qui réduisent les libertés individuelles et collectives. Les Français n'ont pas besoin de ces mesures exceptionnelles qui sont des punitions exceptionnelles", a-t-il ajouté.



Le député des Bouches-du-Rhône a dénoncé la "dérive autoritaire" du pouvoir. "On ne peut rien discuter" des mesures mises en oeuvre pour lutter contre le coronavirus et "si on se mêle de discuter, on est aussitôt accablé d'injures de toutes sortes", a-t-il déploré. "On a l'impression que la raison, le débat argumenté, a quitté la possibilité d'exister sur la scène des institutions du pays et ça, c'est pas vraiment la République", a renchérit l'élu insoumis. "Il faut que les macronistes comprennent qu'une démocratie, c'est une majorité et des oppositions. C'est l'échange, le dialogue, la confrontation, parfois sévères, qui rend la bonne décision possible", a-t-il ajouté.  

Selon Jean-Luc Mélenchon, "dans l'esprit du président, il y a quelque chose qui fait peur. Il pense que le pays est une start-up nation, il pense que c'est comme une entreprise, quelqu'un donne les ordres et les autres ont un contrat de travail et sont obligés d'obéir. Il pense que le pays tout entier se mène comme ça, à la baguette. Gouverner, c'est organiser le consentement à l'autorité. Les Français sont un peuple éduqué et on ne peut que le convaincre. A chaque fois qu'on essaye de le contraindre, ça tourne mal. Et vous verrez que cette fois-ci encore vous allez avoir des effets de rébellion qui paraîtront insupportables mais qui seront les résultats de ces mauvaises manière de mener les affaires", prédit le leader LFI. 

Sur l'hypothèse d'un reconfinement, le député explique que "comme tout le monde, (il) n'en serait pas content" même s'il "respectera la discipline"."Mais respecter la discipline ne veut pas dire que je serai enthousiaste ni que je consens à cette manière d'organiser la vie dans le pays", a-t-il poursuivi. "Maintenant c'est le pouvoir qui décide (...) à quelle heure nous devons rentrer à la maison, que nous devons aller nous empiler dans les transports en commun, qui décide de tout dans nos libertés individuelles. Elles sont réduites au minimum, on n'a même pas le droit de faire la fête !", a-t-il encore décrié, dénonçant "l'imprévoyance absolue de ceux qui n'ont tenu aucun compte d'une possibilité d'une deuxième vague". "Ils n'on rien fait, absolument rien et à partir du moment où rien n'a été prévu, nous allons en payer le prix", a estimé l'élu qui s'inquiète d'une nouvelle pénurie de masques, des gants ou encore de médicaments. 

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