Menace terroriste : la France prolonge ses contrôles aux frontières jusqu'à fin octobre

Menace terroriste : la France prolonge ses contrôles aux frontières jusqu'à fin octobre

La nouvelle loi antiterroriste «permet de mener non pas des contrôles aux frontières mais des contrôles policiers dans les zones frontalières. (Illustration)

leparisien.fr, publié le mercredi 04 avril 2018 à 16h48

L'Autriche, l'Allemagne, le Danemark, la Suède et la Norvège pratiquent également des contrôles.

Réintroduits après les attentats du 13 novembre à Paris, les contrôles aux frontières dans l'espace Schengen vont être prolongées six mois supplémentaires, soit jusqu'à fin octobre. La France a informé la Commission européenne de cette décision, qu'elle justifie pour la cinquième fois par la menace terroriste.

Contrairement à des contrôles provisoires justifiés par des motifs migratoires, ceux qui relèvent de questions de sécurité ne requièrent pas de feu vert officiel de la part de la Commission européenne, d'après les règles en vigueur dans l'espace Schengen.

Pour rappel, cette zone, actuellement composée de 26 pays dont 22 membres de l'UE, est un espace de libre circulation à l'intérieur duquel les contrôles aux frontières ont été abolis pour les voyageurs, sauf dérogations provisoires.

Les contrôles que peut pratiquer la France portent sur toutes ses frontières, mais ils ne concernent que certains tronçons pour les autres pays.

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Un dispositif réintroduit dans cinq pays membresL'Autriche - qui demande elle aussi une prolongation de six mois-, l'Allemagne, le Danemark, la Suède et la Norvège emploient également ce type de dispositif. Les dérogations courent jusqu'au 12 mai pour ces pays, qui expliquent leurs contrôles actuels par des motifs sécuritaires.

Sauf pour la France, les réintroductions provisoires de contrôles dans l'espace Schengen avaient été au départ liées au chaos migratoire fin 2015 à la frontière extérieure grecque. Mais la Commission européenne estime désormais que la situation y est sous contrôle et a prévenu qu'elle ne donnerait plus son feu vert à des contrôles fondés sur ce motif juridique.

Des pays hostiles aux entraves à la libre circulation considèrent que certains États membres abusent désormais du motif sécuritaire pour contourner cet obstacle.

Selon une source diplomatique, la Pologne, la Hongrie et la Slovénie ont récemment déploré au cours d'un conseil de l'UE les prolongations successives de contrôles, en soulignant notamment les coûts économiques.

En France, cette décision est également contestée par plusieurs associations. Elle «a clairement une visée de contrôle migratoire plus que de lutte contre le terrorisme», affirmait déjà en octobre au Parisien Malik Salemkour, le président de la Ligue des Droits de l'Homme. «C'est ceinture et bretelles», alors qu'«on sait que le dispositif n'est pas infaillible».

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