Même sans candidat, LREM organise la campagne présidentielle 2022

Même sans candidat, LREM organise la campagne présidentielle 2022
Au "campus" de rentrée de LREM à Bordeaux, le 7 septembre 2019.

publié le samedi 02 octobre 2021 à 07h00

La République en marche se réunit samedi à Avignon, pour son campus de rentrée. Objecttif : préparer le scrutin, bien qu'Emmanuel Macron n'ait pas officialisé sa candidature. 



Un campus aux airs de lancement de campagne présidentielle, mais sans candidat officiel, qui pourrait également entériner la dissolution du mouvement dans un nouveau grand parti.

Guerini prolongé à la tête du parti 

Dans le Vaucluse, le rassemblement se veut d'abord une démonstration militante : 4.300 marcheurs inscrits, soit 1.300 de plus que le raout d'il y a deux ans à Bordeaux - il n'y a pas eu de rassemblement en 2020 en raison du Covid-19.

"L'idée, c'est de remettre du liant après la crise sanitaire", résume la numéro 2 du parti, Marie Guévenoux, autant que de poser les jalons de la campagne de réélection du futur candidat Macron.

Le patron de LREM, Stanislas Guerini, doit par ailleurs être conforté, après plusieurs semaines de turbulences. Les instances dirigeantes du parti ont acté que son mandat, qui devait s'achever en décembre, serait prorogé jusqu'à la fin de la campagne électorale. 

Porte-à-porte comme en 2017

Mais cinq ans après la "Grande marche" qui avait accompagné la candidature d'Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, lors de laquelle il s'agissait d'interroger les citoyens sur leurs préoccupations, que reste-t-il des marcheurs et de leur place dans la future campagne ? Un ministre répond, sans s'encombrer des formes : "Le parti, ça sert à distribuer des tracts, point". 

En attendant qu'Emmanuel Macron se lance officiellement, LREM a initié depuis la rentrée une phase de défense du bilan du quinquennat qui s'achève. D'abord dans ses rangs, avec une grande campagne d'appels des cadres locaux pour les sensibiliser aux réformes entreprises, et en externe, avec la distribution de 500.000 documents vantant les actions du mandat d'Emmanuel Macron. Une opération de porte-à-porte est également programmée par le parti, qui espère remobiliser parmi ses quelque 400.000 adhérents revendiqués, dont 10.000 à 15.000 réellement "actifs" selon plusieurs sources internes. 

Bayrou pour une grande formation 

Dans la cité des papes, le rassemblement doit également être l'occasion de faire avancer le chantier de la "maison commune" de l'ensemble de la macronie. D'ailleurs, sur le programme de ce "campus", la mention "La République en marche" n'apparaît pas, remplacée par "Majorité présidentielle" - à l'instar du vocable utilisé sur les tracts distribués depuis un mois.

Le week-end dernier, lors des universités d'été du MoDem, François Bayrou a appelé à la création, avant Noël, d'une "coopérative" de la majorité chargée d'incarner "l'espace central" et des valeurs telles que "l'humanisme", "l'engagement européen", la "transition écologique". Le maire de Pau plaide pour que "les Français puissent adhérer directement à ce nouveau mouvement sans passer par l'une ou l'autre des chapelles" partisanes, sans pour autant faire disparaître LREM et le MoDem. Mais il reste évasif sur les statuts de la future structure. 

Ne pas "se foutre sur la gueule" avec le MoDem 

"Ce n'est pas grave que les gens n'y comprennent rien à ce stade : c'est le début d'un processus. On a envie de se parler et pas de se foutre sur la gueule", note un ponte du MoDem, qui  attend "un écho de LREM à Avignon" à la proposition de François Bayrou. 

Au-delà de la forme, c'est aussi le contenu de la campagne présidentielle qu'entendent esquisser les marcheurs ce week-end, notamment autour de tables rondes et débats sur "l'indépendance française et européenne", "travail et mérite" ou encore le "nouveau pacte français". Signe que la campagne est bien sur les rails, les participants pourront également suivre une formation "conformité des dons en période électorale".

"Ne pas partir gagnant" pour la présidentielle 

Si chacun convient que "le directeur de campagne et celui qui fera le programme, c'est Emmanuel Macron et personne d'autre", nombre de pontes de la macronie avancent leurs pistes. Par exemple, l'un des porte-parole de LREM, le député Roland Lescure, appelle à "aller plus loin sur la fin de vie, le cannabis" ou à "réinventer le dialogue social".

"On peut être battu même si l'on a un bon bilan, c'est ce qui s'est passé pour Jospin (en 2002, NDLR). Un bon bilan ne suffit pas. Il faut un projet", souligne Marie Guévenoux. D'autant qu'à six mois de l'échéance présidentielle, Emmanuel Macron fait figure de favori dans un paysage morcelé, source d'inquiétudes tant les sondages d'automne sont rarement les résultats de printemps. Dès lors, la numéro deux de LREM le répète : "C'est une règle de bon sens de ne pas partir gagnant". 

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