Mélenchon rêve de créer son «club mondial»

Mélenchon rêve de créer son «club mondial»
Jean-Luc Mélenchon ne renonce pas à se forger une «image de chef d'État potentiel», confie un proche.

leparisien.fr, publié le lundi 07 mai 2018 à 21h59

Le patron des députés Insoumis se cherche des alliés sur la scène internationale et se rend mardi en Russie.

Jean-Luc Mélenchon prend le large. Alors qu'il peine pour le moment à trouver la formule qui permettrait une convergence large des oppositions à la politique d'Emmanuel Macron -une nouvelle manifestation doit avoir lieu le 26 mai-, le leader des Insoumis entame un cycle de déplacements à l'étranger. Un an après sa défaite à la présidentielle, il ne renonce pas à se forger une « image de chef d'État potentiel », glisse un proche. Et il souhaite travailler à la formation d'un nouveau front d'opposition à la politique de la France au plan international. Un « club mondial », selon ses mots, résolument anti-atlantiste.

Ce mardi, Mélenchon se rend donc en Russie pour participer à une manifestation en souvenir des soldats russes tués par les nazis. Il sera accompagné de Djordje Kuzmanovic, responsable du livret thématique de la France insoumise sur l'international -et dont les prises de position pro-russes font parfois tousser au sein de LFI. Mais le député de Marseille a tenté de déminer les éventuelles polémiques.

Il critique régulièrement « l'atmosphère de Guerre froide », l'hostilité de l'Occident vis-à-vis de la Russie, les sanctions économiques imposées par l'Europe à Moscou et veut redire « sa fraternité » au peuple russe. Mais pas question de rencontrer Vladimir Poutine, avec lequel il a pourtant plusieurs fois exprimé sa proximité ces dernières années.

Il rêve de rallier Bernie Sanders

« Je vais voir un opposant au pouvoir ! » a clamé en fin de semaine Mélenchon, qui rencontrera sur place Serguei Oudaltsov, chef du Front de gauche russe, récemment emprisonné pour organisation de manifestations anti-Poutine, mais qui partage la politique extérieure menée par le chef du Kremlin. Il avait notamment soutenu l'annexion de la Crimée. Ce déplacement en Russie de Mélenchon, qui était envisagé de longue date, intervient tout juste deux semaines avant la visite d'Emmanuel Macron à Moscou qui lui rencontrera Poutine. Hasard du calendrier... ou pas.

La tournée internationale du chef des Insoumis se poursuivra en juin à Hambourg (Allemagne), puis à Madrid (Espagne), au Mexique, en attendant de trouver une date précise pour le Royaume-Uni et un pays du Maghreb. « L'idée c'est de créer un réseau international de personnes qui défendent la même politique », détaille Manuel Bompard, directeur des campagnes de LFI. Un « camp de l'émancipation » vis-à-vis de la politique de l'OTAN -dont veut sortir Mélenchon- et des États-Unis. Il se rendra justement au pays de Donald Trump -et peut-être également au Canada- à l'automne. Jean-Luc Mélenchon rêve de rallier Bernie Sanders à son « club mondial », et que ce dernier quitte le parti démocrate américain.

Cette démarche de ralliements internationaux viendrait se superposer au dialogue déjà engagé à l'échelle européenne : les Insoumis ont signé en avril un engagement programmatique commun avec Podemos et le Bloco (Portugal) en vue des élections européennes de 2019. À défaut de rallier (ou d'éliminer...) les gauches au niveau hexagonal, Mélenchon cherche à promouvoir sa politique à l'international.

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