Mélenchon rejette la loi climat et ses manques "dangereux", dans un hémicycle agité

Mélenchon rejette la loi climat et ses manques "dangereux", dans un hémicycle agité
Le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 9 février 2021

publié le lundi 29 mars 2021 à 18h35

Le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon a affiché lundi à l'Assemblée son intention de "rejeter" le projet de loi climat, "sans doute inutile" voire "dangereux", car pas à la hauteur de "l'urgence climatique", dans une intervention rythmée par de vives interpellations de part et d'autre.

"Nous allons rejeter" cette loi "parce qu'elle ne comporte pas les mesures concrètes indispensables", comme un "moratoire sur les accords" commerciaux internationaux, le lancement d'un "plan ferroviaire", secteur "auquel il manque 3 milliards par an", ni "un mot sur le 100% renouvelable", a-t-il déclaré, après avoir défendu il y a quinze jours la sortie du nucléaire à l'horizon "2030".

"Cette loi a été jugée insuffisante par 110 organisations écologistes" et par le "Haut Conseil pour le climat", une instance indépendante, a souligné l'insoumis, dans une intervention d'une quarantaine de minutes, pour présenter une motion de rejet, au premier jour des débats dans l'hémicycle.

Les manques de ce texte vous rendent "plus responsables et plus coupables de tout ce que vous ne faites pas", a lancé le député LFI à la majorité.

"Ne pas être à l'heure, c'est dangereux", car le "moment écologique est placé sous le signe de l'urgence. Le changement climatique est commencé", a ajouté Jean-Luc Mélenchon, en insistant sur "le cycle de l'eau", une thématique qu'il place au coeur de sa campagne présidentielle.

"Le glyphosate doit être interdit, point final", a-t-il poursuivi, à propos de l'agriculture.

Son intervention a été rythmée par des tensions avec la majorité. "Gardez votre humour à deux balles pour vos foires", a réagi l'insoumis, après une pique d'un élu ("elle est où l'ordonnance Mélenchon?").

"Ca fait chaud au coeur de se rendre compte qu'enfin tout le monde prend conscience de l'enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique", a réagi après son intervention la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

"Les paroles, c'est bien, les diagnostics, c'est bien mais l'urgence elle nous impose d'agir", a-t-elle insisté, en appelant à "sortir des slogans".

"Vous découvrez l'écologie maintenant", l'a également critiqué le rapporteur général Jean-René Cazeneuve (LREM), en lui demandant: "avez-vous lu cette loi ?".

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