Mélenchon quitte une mission parlementaire et accuse Valls

Mélenchon quitte une mission parlementaire et accuse Valls
Jean-Luc Mélenchon le 3 octobre 2017 à l'Assemblée.

Orange avec AFP, publié le vendredi 06 octobre 2017 à 18h42

POLITIQUE. Dans une lettre publiée sur son site internet, le leader de la France insoumise (LFI) assure que le député de l'Essonne, qui préside la mission sur la Nouvelle-Calédonie, entretient une "proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite".

Nouvel épisode conflictuel entre les Insoumis et Manuel Valls.

L'ex-chef du gouvernement a accusé récemment les députés LFI d'"un discours islamo-gauchiste", ce qui lui avait valu une invective d'Alexis Corbière en pleine Assemblée la semaine dernière, ce dernier l'accusant de "parler comme le Front national". Cette semaine, c'est Jean-Luc Mélenchon qui cible le député apparenté la République en marche (LREM) de l'Essonne.

Le chef de file des députés LFI a démissionné vendredi 6 octobre de la mission parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie, présidée par Manuel Valls, et met en cause ce dernier. "Un accord d'origine inconnue a décidé de confier la présidence de cette mission à M. Manuel Valls. On ne saurait faire choix plus inapproprié. M. Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses ethnicistes de l'extrême droite", écrit le député de Marseille dans une lettre au président de l'Assemblée François de Rugy, publiée sur son site.



Il rappelle notamment ses propos sur les "white" et "blancos", saisis par une caméra en 2009, et pointe une "proximité" de l'ancien Premier ministre "avec les dirigeants de l'extrême droite israélienne".

SIÉGER AVEC VALLS, UNE "CORVÉE"

"Corvée : siéger avec l'ignoble Valls à la commission Nouvelle-Calédonie. Ici, qui vient-il trahir ?", avait tweeté mardi l'ancien candidat à la présidentielle dès la réunion constitutive de la mission sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.



"M. Valls ne saurait être le personnage unifiant et tolérant qu'une telle mission impose (...). Nous en voyons un signe supplémentaire quand nous l'entendons accuser notre groupe de complaisance pour les assassins islamistes", ajoute-t-il dans son courrier. Aux yeux de Jean-Luc Mélenchon, l'accusation est "formulée dans les termes de l'extrême droite" et "confirme l'inaptitude du personnage à mesurer ses propos". Les parlementaires LFI "redout(ent) ce qu'il pourrait être conduit à dire à propos des personnes à qui ses préjugés ethniques ou politiques viendraient à l'opposer dans le dossier de la mission".

"À la veille d'un référendum décisif (d'autodétermination en 2018, NDLR), ce choix sonne comme un signe de manque d'intérêt qui relègue le sujet à une opération de repêchage d'un ancien Premier ministre", alors même que "celui-ci a déjà été désavoué de toutes les façons possibles dans un passé trop récent", d'après l'ancien candidat à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon souligne qu'il regrette de devoir démissionner après avoir "suivi personnellement chaque étape de la vie politique du territoire depuis avant même les accords entre ses protagonistes".

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU