Mélenchon, Hamon, de Haas... : d'anciens dirigeants de l'Unef fustigent Jean-Michel Blanquer

Mélenchon, Hamon, de Haas... : d'anciens dirigeants de l'Unef fustigent Jean-Michel Blanquer
(Illustration)

, publié le lundi 22 mars 2021 à 15h55

La présidente de l'Unef, Mélanie Luce, a reconnu l'organisation de réunions "non-mixtes" où les personnes blanches ne sont pas admises.

Quelques jours après les accusations de Jean-Michel Blanquer, taxant l'Unef de dérives "qui ressemblent au fascisme", 250 anciens dirigeants du syndicat étudiant ont condamné lundi 22 mars dans une tribune "l'outrance injurieuse des termes employés" par le ministre de l'Éducation.

"Nous ne pouvons tolérer les propos d'un ministre qui banalisent le fascisme et participent ainsi à la confusion idéologique ambiante", écrivent les signataires du texte publié sur le site du Monde, en assurant que "l'idéal émancipateur, républicain, laïque, antiraciste et féministe a toujours été (leur) boussole". "Signataires de ce texte, pour certaines et certains avec des désaccords parfois profonds avec des pratiques et des orientations syndicales et idéologiques de l'Unef, nous pensons que, par son histoire et les valeurs issues de la charte de Grenoble qu'elle incarne, l'Unef a toute sa place dans le débat public", insistent-ils. 


Parmi eux, le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, l'historien Benjamin Stora, la militante féministe Caroline de Haas, l'ex-candidat socialiste à la présidentielle Benoît Hamon ou encore le député ex-LREM Aurélien Taché.

La polémique est partie de propos de la présidente de l'Unef, Mélanie Luce, qui a évoqué mercredi sur Europe 1 l'organisation de réunions "non-mixtes" pour "permettre aux personnes touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu'elles subissent", au même titre selon elle que sont organisés des groupes de parole réservés aux femmes victimes de discriminations. Elle avait précisé qu'aucune décision n'est prise lors de ces réunions. Des responsables de droite ont immédiatement réclamé la dissolution du syndicat. Jugeant que de telles réunions pourraient mener à "des choses qui ressemblent au fascisme", le ministre Jean-Michel Blanquer a pour sa part évoqué d'éventuelles "évolutions législatives" pour les rendre illégales. 


Sur Public Sénat lundi, le député européen écologiste (EELV) David Cormand s'est au contraire dit "choqué par l'interview" d'Europe 1, "symptomatique de l'espèce d'ambiance délétère dans le débat public" : sur 12 minutes, seules deux étaient consacrées à la "précarité étudiante" pendant la crise sanitaire, les dix autres l'étant au "procès en islamo-gauchisme" fait au syndicat, a-t-il noté. Défendant ces réunions nécessaires à "la prise de conscience" des victimes de racisme, l'eurodéputé a dénoncé "une sorte d'inversion des valeurs" dans laquelle "les personnes qui luttent contre le racisme sont taxées de racisme" et qui "fait le jeu" de "l'extrême droite". Il a dit ne pas croire au terme "racisme anti-Blanc", qu'il "réserve aux situations systémiques" dont sont victimes "les noirs, les arabes, les juifs, tout au long de leur vie, depuis des générations".

L'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls a de son côté estimé lundi sur France Inter qu'une dissolution de l'Unef n'était pas nécessaire, mais qu'il fallait "remobiliser autour de l'idée républicaine" alors que "l'universalisme" est "mis à mal partout".






 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.