Mélenchon en meeting dimanche contre les droites et pour faire "l'union par la base"

Mélenchon en meeting dimanche contre les droites et pour faire "l'union par la base"
Le candidat insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon lors d'un déplacement à Bron, près de Lyon, le 10 novembre 2021

publié le samedi 04 décembre 2021 à 18h15

"On est là": le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon rassemble dimanche ses militants lors d'un meeting à La Défense, pour se positionner frontalement face à Éric Zemmour et au candidat LR qui sera investi la veille, mais aussi démontrer qu'il peut "faire l'union par la base".

Initialement, le meeting était prévu "au lendemain de la désignation du candidat LR", qui sera Valérie Pécresse ou Éric Ciotti, pour "montrer qu'il n'y a pas que la droite qui prépare l'élection présidentielle", explique à l'AFP Manuel Bompard, le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, actuellement crédité entre 7,5 et 10% des intentions de vote dans les sondages.

Et l'annonce de candidature d'Éric Zemmour et son meeting le même dimanche à Villepinte, "ça renforce notre position: on est là, il n'y a pas que Zemmour, et il n'y a pas que la droite", résume M. Bompard.

La riposte ne se fera cependant pas sur le nombre. Avec une salle à l'Arche de la Défense pouvant contenir autour de 3.000 personnes, le candidat insoumis ne peut pas rivaliser avec les 19.000 inscrits annoncés chez son adversaire.

"Il ne nous impressionne pas du tout. Nous connaissons notre force. Nous, notre grand rendez-vous, ce sera la grande marche du 20 mars à Paris", a déclaré M. Melenchon dans Le Parisien, évoquant "deux visions du monde (qui) seront face-à-face".

"Nous ce qu'on souhaite, c'est montrer qu'on peut rassembler", explique le député LFI Éric Coquerel.

Le meeting sera l'occasion de présenter le "parlement de l'Union populaire", un organe de "conseil stratégique et programmatique" pour la campagne, qui réunit 200 personnes, dont une moitié n'est pas membre de LFI mais issue du monde syndical, associatif, culturel.

A défaut d'une candidature commune à gauche avec la socialiste Anne Hidalgo et l'écologiste Yannick Jadot, la France insoumise compte sur eux.

"Puisqu'on ne peut pas faire l'union au sommet avec un programme commun, faisons-la par la base avec un programme commun", a expliqué Jean-Luc Mélenchon vendredi sur BFMTV/RMC, en évoquant le ralliement "d'intellectuels, de syndicalistes, de représentants d'associations".

Ce "parlement" sera présidé par l'ex-porte-parole d'Attac, Aurélie Trouvé, qui juge dans Libération que Jean-Luc Mélenchon "porte le programme qui correspond le plus à (ses) espérances".

Sylvie Glissant, l'épouse du poète Édouard Glissant, chantre de la "créolisation" chère au candidat LFI, l'écrivaine Annie Ernaux, ou encore Xavier Mathieu, l'ex-délégué syndical de la CGT de l'usine Continental AG de Clairoix, participeront également.

Quelques militants politiques sont également attendus, comme Thomas Portes, ex-porte-parole de Sandrine Rousseau lors de la primaire des Verts.

"Nos idées sont extraordinairement populaires, ultra majoritaires, mais nous, nous ne le sommes pas, c'est cette contradiction que nous devons régler, en faisant campagne", analyse M. Mélenchon. 

- Frémissement-

Ce meeting est "le franchissement d'un stade supplémentaire dans la campagne", pense Manuel Bompard, alors que Yannick Jadot et Anne Hidalgo auront des événements similaires la semaine suivante.

"Depuis la sortie du programme l'Avenir en commun en librairie (près de 30.000 exemplaires vendus), on voit un frémissement d'intérêt", ajoute-t-il.

Mais pour le directeur général de l'institut de sondage Ifop Frédéric Dabi, bien qu'ayant "une très légère avance par rapport aux autres candidats de gauche", Jean-Luc Mélenchon a "une vraie difficulté: celle de faire revenir son électorat de 2017", où il avait atteint 19% des voix, échouant de justesse aux portes du deuxième tour.

"La présidentielle, ce n'est pas seulement une série de mesures, une offre programmatique, c'est une incarnation. Et l'incarnation de Mélenchon est très abîmée. Il inquiète beaucoup", juge M. Dabi.

"Je ne suis pas ma caricature", se défend l'insoumis, dans La Tribune.

Le leader de LFI va aussi, selon M. Dabi, devoir "séduire ceux qui votent pour le candidat communiste Fabien Roussel", alors que le PCF s'était rallié à Mélenchon en 2012 et 2017. 

"La situation est volatile et le pays se cherche. La division de l'extrême droite abaisse le seuil d'entrée au second tour. C'est un trou de souris, mais on a une chance d'y être", estime M. Melenchon dans Le Parisien. "Tout dépend des quartiers populaires, s'ils vont voter".

"Si on a en début d'année prochaine le même type de sondages qui nous mettent assez largement en tête de la gauche, on peut penser qu'on alignera un effet +vote efficace+", espère Éric Coquerel. 

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