Mayotte: les électeurs partagés entre volonté de changement et fatalisme

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 Bureau de vote dans une école de Kaweni à Mayotte où se déroulent dimanche des législatives partielles

Bureau de vote dans une école de Kaweni à Mayotte où se déroulent dimanche des législatives partielles

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AFP, publié le dimanche 18 mars 2018 à 16h00

Dans les bureaux de vote de Mayotte l'affluence n'est pas au rendez-vous dimanche pour la législative partielle de la 1ere circonscription en raison notamment des barrages qui paralysent l'île et les électeurs sont partagés entre volonté de changement et fatalisme.  

Nadia Amed, 23 ans, animatrice périscolaire, est venue parce que "(sa) tante (lui) a dit de voter", explique-t-elle, dans un des bureaux de vote de la mairie de Mamoudzou, où on dénombrait à 12H00 93 votants sur... 660 inscrits. Quant au choix du candidat, "j'ai choisi au hasard", avoue-t-elle.

"Comme l'élection a été maintenue, on n'a pas le choix, il faut voter", dit une autre électrice, qui veut rester anonyme. "Mais vu le contexte, on n'a pas trop le sentiment de faire quelque chose pour l'avenir. C'est juste un devoir, on n'attend rien de particulier. On vote comme on avait voté avant", ajoute cette mère de famille. 

Son frère, qui habite en dehors de la ville, "voulait aller voter, mais c'est trop dangereux, il n'a pas pu passer", à cause des barrages maintenus par les organisateurs du mouvement de contestation populaire contre l'insécurité.

"Je ne suis pas gréviste, car je ne peux pas, mais j'adhère entièrement au mouvement", explique Nouriati, 29 ans, venue "faire son devoir de citoyenne" avec sa mère Moina Mina Abdallahtoha, 52 ans. "C'est important pour mon pays, je ne mélange pas tout", dit-elle. 

Toutes deux espèrent que le candidat qu'elles ont choisi "va faire changer les choses. Même si c'est déjà un élu et que parfois certains élus ont déçu".

Devant le bureau, un pancarte indique qu'il est interdit aux femmes de porter le Msindzano, ce masque de beauté traditionnel au bois de santal très apprécié des Mahoraises. Mais aucune de celles qui le portent dimanche n'est refoulée. 

Dans le bureau de  Kaweni, au nord de Mamoudzou, chacun se justifie face à l'appel au boycott de l'intersyndicale. "Le vote, c'est une chose, et le mouvement de sécurité, c'est autre chose !", explique un électeur sous couvert d'anonymat.

- Gréviste mais votant -

Toilianti Soihili, 26 ans, est "gréviste" mais juge que "le droit de vote est un droit que tous les pays n'ont pas, il faut en profiter. Vu les manifestations et les turbulences, c'est important de dire que nous sommes présents, nous sommes des citoyens".

Radjanti Boinali, 20 ans, vient voter pour la première fois. Une Mahoraise lui explique la procédure. "Vous les jeunes, il faut vous donner des cours pour voter", dit-elle.

Dans la salle de classe transformée en bureau de vote, les assesseurs ont pris place sur les petits bureaux d'écolier en bois. Là, ce sont 122 votants sur 625 qui ont été enregistrés à 13H30.

Dans le bureau voisin, un assesseur explique que les législatives, comme la présidentielle, "sont peu suivies ici. Celles qui marchent, ce sont les municipales et les cantonales". 

Sur les petits bureaux de bois où sont alignés les bulletins, les bulletins du candidat sans étiquette Boina Dinouraini ont disparu. "Il n'en avait pas donné assez", explique le président du bureau.

Ce candidat arrive un peu après, une poignée de bulletins dans les mains. Il raconte n'en avoir imprimé que 5.000 alors que "la préfecture en demandait 80.000 pour tous les bureaux". "Comme je n'ai pu faire campagne qu'à Mamoudzou et Koungou à cause des barrages, je voulais que mes bulletins soient concentrés-là, mais la préfecture les a dispatchés partout", déplore-t-il. Tout en soulignant que, pour lui, le plus important "était de faire passer un message" et pas de gagner.

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5 commentaires - Mayotte: les électeurs partagés entre volonté de changement et fatalisme
  • Mayotte 2010 en région ultra périphérique Rup en non en département donc subventions de l'Europe + état français. Les fonctionnaires en charge des décisions ne doivent pas dire ce qu'ils pensent sinon ils sont rapatriés dans la semaine. Ce qu'ils pensent: rendre Mayotte aux comores ou indépendance.
    Insécurité oui déjà mais touche en particulier les coopérants (mzougous) et très peu la population locale: insécurité crée par les mahorais mais aussi par les clandestins comoriens.
    Corruptions à tous les niveaux, pèlerinage à la Mecque payé par la région et j'en passe
    Tribunal coranique le caddi décide de la loi et très souvent la justice française se tait
    Education: gréves à répétition selon le cycle suivant gréve des profs suivie de la gréve des conducteurs de bus scolaires suivie de la gréve des élèves qui font gréve car les profs ont fait gréve.
    Clandestins: il aurait suffit que les vedettes des douanes sortent pour bloquer les passes après les alertes radars annonçant l'arrivée des kwasas kwasas pour empêcher et refouler les clandestins mais......il semblerait que certains fonctionnaires touchaient des primes par clandestin arrêté et surtout que certains locaux touchaient beaucoup pour le rapatriement des comoriens par bateau. Mais j'arrête ces élucubrations qui ne sont que le fruit d'une vision déformée et d'une surconsommation d'eau de mer.(PMT)(palmes, masque,tuba). Mais la donne a changé.
    Maintenant on ne cambriole ni n'agresse plus que les coopérants mais la population locale, l'espérance d'une vie comme à La Réunion par la départementalisation ne s'est pas faite, les lois françaises sont en train de s'appliquer par rapport aux traditions locales ce qui gênent les corrompus qui par derrière manipulent la population et provoquent ainsi des grèves pour n'importe quels prétextes.
    Enfin....vous pensez ce que vous voulez de ce texte et de cette liste volontairement incompléte mais pour moi la seule chose qui est vraie c'est que je ne retournerai pas dans cette île.
    Alors maintenant assurons cet aveuglement des politiques car Mayotte est un département.

  • Indépendance à cette ile qui n'a aucun intérêt et qui nous coute la peau des fesses. Etbon vent avec les Comores !

  • Je pense que les Francais ne peuvent pas s'imaginer ce qui se passe à Mayotte , pourtant c 'est l 'avenir de la France qui est en jeu . Et Macron est parfaitement au courant puisqu 'il a parlé des clandestins dans les Kwassa Kwassas
    les bobos ont parlé de mauvaise blague ....mais , hélas , ce n 'est pas une blague.

  • Quand les gouvernants de la France prendront-ils des décisions efficaces sur tout le territoires pour REGULER L'IMMIGRATION ?

  • Le peuple Mahorais Français a dit stop à l'insécurité et à l"immigration clandestine, devant un état français défaillant il ne sait plus quoi faire...Et après nos politiques s'étonnent d'une abstention record aux élections.. Tout va bien notre ministre de l'intérieur est sur la route des migrants, il ne connaît peu être pas Mayotte...

    Et vous, vous connaissez ???