Marseille: soupçons autour du recueil de procurations chez LR

Marseille: soupçons autour du recueil de procurations chez LR
Affiches de campagne à Marseille, le 21 janvier 2020

, publié le vendredi 12 juin 2020 à 20h34

La préfecture des Bouches-du-Rhône a tenu à rappeler vendredi les règles du vote par procuration après la révélation dans la presse de pratiques potentiellement irrégulières de "procurations simplifiées", proposées par des militants et candidats Les Républicains (LR).

L'hebdomadaire Marianne et le journal télévisé de France 2 ont révélé jeudi que deux candidates présentes sur des listes de Martine Vassal (LR) proposaient des "procurations simplifiées".

Sur la base de SMS reçus par des habitants de deux secteurs, les journalistes ont pu établir que les électeurs s'étaient vus proposer des procurations. "Sans vous déplacer, juste par téléphone", indique le texto envoyé par une colistière de LR dans le secteur de Mme Vassal.

Vendredi soir, "après la diffusion" de ces reportages, le préfet des Bouches-du-Rhône a tenu dans un communiqué "à rappeler les règles du vote par procuration", qui oblige à ce que l'électeur soit présent en personne "auprès d'une autorité habilité", par exemple au commissariat ou au tribunal, avec un justificatif d'identité pour établir la procuration.

Le représentant de l'Etat "adressera prochainement une circulaire aux élus" du département, les maires devant "s'assurer de la régularité des procurations", ajoute-il.

Interrogée lors d'une manifestation policière à laquelle elle apportait son soutien vendredi, Martine Vassal a fustigé "des Parisiens (qui) essayent de créer une polémique qui n'existe pas ici". Dans un communiqué, la candidate a toutefois assuré que "si ces faits sont avérés, ils sont inacceptables".

La bataille pour la mairie de Marseille est très serrée. La candidate du Printemps marseillais (union de la gauche) Michèle Rubirola a créé la surprise en arrivant en tête sur la ville au premier tour, devançant Mme Vassal, l'héritière de Jean-Claude Gaudin qui ne se représente pas après 25 ans à la tête de la deuxième ville de France.

Le Printemps marseillais s'est indigné vendredi soir: "Marseille n'est pas une zone de non-droit. Encore une fois, notre ville ne peut pas être abîmée par ce type de pratiques". 

L'enquête de Marianne révèle aussi des écoutes d'une élue LR des 11-12e arrondissements qui assure à un électeur: "Le commissariat nous poinçonne toutes les procurations qu'on leur amène".

Stéphane Ravier, sénateur et candidat du Rassemblement national, a demandé "au Préfet de Police de procéder en urgence à une enquête interne pour identifier et sanctionner l'officier de police judiciaire qui se serait rendu coupable de ces actes".

La procureure de la République de Marseille a indiqué à l'AFP "ne pas avoir d'éléments" sur cette affaire.

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