Marion Maréchal à Oxford : un accueil sous les huées des manifestants

Marion Maréchal à Oxford : un accueil sous les huées des manifestants
Marion Maréchal inaugure l'Institut de sciences sociales économiques et politiques (Issep) à Lyon le 22 juin 2018.

Orange avec AFP, publié le mercredi 23 janvier 2019 à 13h27

L'ex-députée du Vaucluse a été accueillie par des manifestants hostiles mardi à Oxford, en Angleterre, où elle était invitée par une association d'étudiants. Lors de son allocution, la jeune retraitée de la vie politique a comparé le mouvement des "gilets jaunes" aux Brexiters. 

La présence, mardi 22 janvier, à Oxford de Marion Maréchal a provoqué la colère de militants anti-racistes. Une manifestation se tenait devant la prestigieuse université à l'arrivée de l'ex-députée Front national du Vaucluse. "Dites-le fort, dites-le clairement, Le Pen n'est pas la bienvenue ici", ont scandé la centaine de manifestants, lançant des "Honte à vous !" aux étudiants qui allaient écouter Marion Maréchal. 



"Oxford Union a l'habitude d'inviter des fascistes, des politiciens de l'ultra-droite et à chaque fois qu'ils viennent et s'expriment, on leur donne de la crédibilité", a regretté auprès de l'AFP l'un des manifestants, Giles Ungpakorn, 65 ans, membre de l'association antiraciste Stand up to Racism. "À une époque où l'extrême droite est en hausse en Europe, y compris au Royaume-Uni, je trouve que c'est totalement inacceptable" (d'inviter Marion Maréchal), a déclaré à l'AFP Rabyah Khan, la présidente du Parti travailliste d'Oxford. Elle a également jugé "très préoccupant" le fait que le club de débats invite régulièrement des figures de l'extrême droite.



Les "gilets jaunes" similaires aux Brexiters

Si l'ancienne députée française Marion Maréchal s'est retirée de la vie politique en France, elle a toutefois commenté le mouvement des "gilets jaunes". Marion Maréchal a ainsi comparé les "gilets jaunes" français aux militants britanniques pro-Brexit lors de son discours devant les étudiants. "Les gilets jaunes sont très similaires à vos Brexiters", a lancé Marion Maréchal devant la salle de 500 places, comble, d'Oxford Union, un club de débats de la prestigieuse université. "Nous sommes au milieu d'un mouvement populiste", a-t-elle ajouté, et "derrière le mot populiste, il y a le mot peuple. Des gens qui ont été abandonnés, des gens qui ne sont pas représentés". Dans son discours d'une vingtaine de minutes, en anglais, l'ancienne élue du Vaucluse a appelé à la formation d'une "nouvelle élite", qui se "reconnectera avec le peuple".

Devenue directrice d'une école de sciences politiques à Lyon, Marion Maréchal, 29 ans, a ensuite répondu, en français, pendant environ une heure à des questions, un étudiant lui demandant si la France devrait quitter l'Union européenne. "Ce débat n'est pas sur la table en France", a répondu Marion Maréchal. 



Une pique à l'encontre d'Emmanuel Macron 

"Je crois que la France a le pouvoir de construire un nouveau leadership au sein de l'Union européenne", a-t-elle ajouté, avec pour objectif notamment que "l'UE se cantonne à être une simple organisation territoriale". "Si, dans les années à venir, la subsidiarité et la souveraineté des États nations continuent à être bafouées, la question de l'intérêt de rester dans cette construction fédéraliste se posera très sérieusement", a-t-elle aussi déclaré.

Elle a lancé une pique au président Emmanuel Macron, qui "ne fait rien sans en référer à l'Allemagne". "Je ne suis pas très optimiste quant à la capacité d'Emmanuel Macron à vouloir un Brexit constructif eu égard à la position aujourd'hui de l'Allemagne sur le sujet".



Après un discours remarqué à Wahington en février 2018, invitée par les conservateurs américains, une autre invitation est en attente, celle envoyée par le président brésilien Jair Bolsonaro, rapporte Le Figaro. En parlant politique à l'étranger, quelle est la stratégie de Marion Maréchal ? "Ce type d'événement donne une certaine crédibilité à mon établissement et me permet de parler politique sans rentrer dans le débat national. C'est à la fois visible et confortable en termes de positionnement", a-t-elle confié au Figaro. Veut-elle revenir en politique ?"Elle trépigne", confie au quotidien national un proche de la nièce de Marine Le Pen. Mais à l'approche des élections européennes, elle préférerait pour l'heure rester discrète. 

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