Marine Le Pen dit son attachement au corps préfectoral

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Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National (RN), le 9 mars 2021 à Paris
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National (RN), le 9 mars 2021 à Paris
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© AFP, Alain JOCARD

publié le mardi 18 mai 2021 à 20h24

Marine Le Pen a écrit aux préfets pour leur dire son opposition à la réforme envisagée par Emmanuel Macron de supprimer le corps préfectoral, affirmant "croire au modèle administratif français", dans un courrier rendu public mardi par le Rassemblement national.

Le gouvernement prévoit de supprimer le corps des préfets tout en maintenant la fonction, dans la continuité de sa réforme de la haute administration qui a mené à la suppression de l'Ecole nationale d'administration (ENA). Une réforme qui "vise à améliorer la gestion des cadres supérieurs de l'Etat, selon une logique fondée sur les parcours et les compétences, plus que sur l'appartenance à des corps ou à des statuts", selon Matignon.

"S'attaquer au corps préfectoral (...) confirme une volonté méthodique de déconstruction d'un édifice administratif autour duquel s'est forgée la Nation", soutient la candidate à l'Elysée dans un courrier daté du 10 mai.

"Le chef de l'Etat déconstruit l'Etat" en réformant le corps des préfets, afin de pouvoir y "caser ses copains", avait-elle dénoncé la semaine dernière.

"Derrière cette politique du table-rase administratif, pointe le risque d'une politisation tant des recrutements que des nominations au sein de la haute fonction publique", ajoute la présidente du Rassemblement national.

Et "ces projets de réforme heurtent notre conception partagée de la méritocratie républicaine et de la neutralité du service de l'État", fait-elle encore valoir, en pointant le risque d'une "privatisation rampante des fonctions publiques", avec le recours "de plus en plus fréquent, à des cabinets de conseil privés pour des interventions publiques".

Selon elle, cette réforme va "accélérer le processus de délitement de l'ensemble de la fonction publique et attenter encore davantage à sa légitimité d'action". Mais, ajoute-t-elle, "personne ne disconvient (des) nécessaires adaptations" du modèle administratif français.

Cependant, "ces évolutions (...) ne justifient aucunement d'écrouler l'édifice. C'est pourquoi, à l'inverse des projets actuels, mon projet politique se donne comme priorité la restauration de l'autorité de l'État", conclut-elle.

Concernant l'ENA -qu'Emmanuel Macron prévoit de remplacer par un "Institut du service public" pour un Etat se voulant notamment plus ouvert et plus divers-, Mme Le Pen avait fustigé "une opération de communication", estimant que les Français souhaitaient plutôt "un changement d'état d'esprit du fonctionnement de l'Etat".

La ministre de la Fonction publique Amélie de Montchalin a dénoncé une "tentative dangereuse, coupable et grossière de manipulation politique de nos hauts fonctionnaires par Marine Le Pen", un "classique essai de déstabilisation de la République par l'extrême droite qui rappelle de sombres années", selon elle.

"L'Etat doit beaucoup à sa haute fonction publique", a quant à lui assuré le Premier ministre Jean Castex dans un courrier adressé le 15 mai aux hauts fonctionnaires. Dans ce texte que l'AFP s'est procuré, il tente de rassurer sur les objectifs de la réforme engagée et précise son calendrier comme ses modalités, indiquant au passage que le corps diplomatique est bien concerné par celle-ci. 

Amélie de Montchalin mettra en place "dans les semaines à venir" des groupes de travail visant à "affiner la mise en oeuvre opérationnelle de la réforme", promet M. Castex. 

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