« Marée populaire » : Collomb dénonce la « passivité » des manifestants face aux casseurs

« Marée populaire » : Collomb dénonce la « passivité » des manifestants face aux casseurs
Gérard Collomb s'est notamment étonné que la « foule ne réagisse pas » face aux Black blocs.

leparisien.fr, publié le dimanche 27 mai 2018 à 22h38

« Si on veut garder le droit de manifester... », les militants doivent « s'opposer aux casseurs », estime le ministre de l'Intérieur.

La réaction de Gérard Collomb après les violences survenues en marges des « marées populaires » samedi n'a pas été du goût des organisateurs et de la gauche en général.

Des incidents avaient brièvement éclaté entre des individus cagoulés et les forces de l'ordre près de la place de la Bastille à Paris, après le défilé des opposants à la politique d'Emmanuel Macron. La police a annoncé 39 interpellations, dont 26 gardes à vue.

Samedi soir, le ministre de l'Intérieur s'est félicité de l'efficacité du dispositif de sécurité de la préfecture de police mais a aussi appelé les manifestants à agir pour éviter les débordements.

« Ce qui est très étonnant, a-t-il ajouté sur BFMTV, c'est que des Blacks Blocs (NDLR. manifestants masqués à l'origine de violences) puissent intervenir au milieu d'une foule qui finalement ne réagit pas. Si on veut garder le droit de manifester [...], il faut que les participants puissent s'opposer aux casseurs et ne pas, par leur passivité, être d'un certain point de vue complices de ce qui se passe ».

Ses propos ont suscité de vives réactions, notamment sa menace voilée « si on veut garder le droit de manifester »... Le nouveau patron de FO Pascal Pavageau a rappelé au ministre que « le droit fondamental et constitutionnel à manifester et à faire grève a été acquis dans le sang ». « Nous n'en accepterons jamais la remise en cause, ajoute-t-il sur Twitter. Ce n'est pas à ceux qui veulent manifester pacifiquement d'assurer votre rôle à les défendre ».

Benoît Hamon, dont le mouvement Générations avait appelé à manifester, a jugé « scandaleux que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb mette sur le compte des manifestants le fait qu'il y ait des violences ». « La police doit protéger les manifestants au lieu de nous faire porter la responsabilité du comportement de quelques-uns, ultra-violents », a-t-il ajouté sur BFMTV.

Ce dimanche, lors du Grand Jury, le secrétaire général du PS Olivier Faure (qui n'appelait pas à la manifestation) s'est également étonné qu'on puisse dire « que c'est aux manifestants de se protéger ». Selon le patron des socialistes, Gérard Collomb « est un ministre qui ne donne pas le sentiment d'être à la hauteur de ses fonctions ».

La députée de la France Insoumise Clémentine Autain a qualifié les propos du ministre de l'Intérieur de « scandale » et de « déni démocratique absolument inadmissible », dimanche à BFMTV, l'appelant à les retirer. « C'est une démission de l'Etat absolument incroyable », a aussi estimé l'élue de Seine-Saint-Dens

Le porte-parole du NPA, Olivier Besancenot, a trouvé « pathétiques » les propos de Gérard Collomb, déclarant à BFMTV « ne pas avoir besoin des leçons de morale ».

Le communiste Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris, a qualifié Gérard Collomb de « sinistre de l'Intérieur » et lié ses propos à une polémique qui oppose le ministre à Anne Hidalgo sur les migrants du canal Saint-Martin. « On résume la pensée Collomb : Si l'Etat est incapable d'héberger les migrants, c'est la faute de la mairie de Paris. Si les forces de l'ordre ne maîtrisent pas les Black Blocs, c'est de la faute des manifestants », écrit-il sur Twitter.

Danielle Simonnet du Parti de gauche s'est aussi insurgée sur Twitter.

https://twitter.com/Simonnet2/status/1000494995026120704 A Paris, les participants à cette « marée populaire » étaient 31 700, selon le comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont Le Parisien. De leur côté, les organisateurs en ont revendiqué 80 000 et la préfecture de police en a compté 21 000.

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