Manifestations anti-racistes tolérées par le gouvernement : Bruno Retailleau et Jordan Bardella réclament leur interdiction effective

Manifestations anti-racistes tolérées par le gouvernement : Bruno Retailleau et Jordan Bardella réclament leur interdiction effective
Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau à l'Elysée, en 2019.

, publié le jeudi 11 juin 2020 à 13h20

Pour le chef de fil des sénateurs LR, "il y a d'autres moyens pour partager une émotion". Le vice-président du RN estime quant à lui que "le moment n'est pas à la manifestation". 

Malgré l'état d'urgence sanitaire, des manifestations anti-racistes se déroulent dans le pays depuis plusieurs jours.

Interdites en droit, elles sont néanmoins tolérées par le gouvernement. Une position contre laquelle le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau et le vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella se sont insurgés jeudi, réclamant l'interdiction effective de ces rassemblements. 



Faut-il interdire ces manifestations ? "Oui bien sûr", a répondu Bruno Retailleau sur Europe 1. "Il y a d'autres moyens pour partager une émotion, et il est vrai qu'il y a une émotion légitime quand on voit comment cet afro-américain a été tué", a-t-il ajouté, évoquant la mort de George Floyd, étouffé sous le genou d'un policier blanc. "En plein confinement, les Français ont voulu montrer leur attachement à l'héroïsme du personnel soignant, ils ne sont pas descendus dans la rue. Ils ont applaudi à leur balcon", explique-t-il. "Un Français risque 135 euros d'amende lorsqu'il est réuni avec plus de 10 personnes donc personne n'y comprend rien. (Le ministre de l'Intérieur) Christophe Castaner, qui est chargé du respect de l'ordre, est en train de dire que ce qui est important, c'est l'émotion. Et que l'émotion est supérieure à la règle de droit. Et ça, c'est la guerre civile aussi", s'agace-t-il. 

Pour Jordan Bardella, la prochaine manifestation de soutien à Adama Traoré prévue samedi à Paris "devrait être interdite" car "le moment n'est pas à la manifestation", a-t-il expliqué sur BFMTV. "Ca fait une semaine qu'on a des manifestations qui sont interdites dans notre pays et qu'en même temps on impose des règles sanitaires tout aussi strictes par exemple à des restaurateurs", a-t-il critiqué. "Je suis consterné de voir que le ministre de l'Intérieur, il y a quelques jours, a déclaré que, parfois, l'émotion devait dépasser la loi", a dénoncé le député RN européen. "Les plus hautes autorités de l'Etat, Monsieur Castaner, est en train de dire que ce qui est important c'est l'émotion et que l'émotion est supérieure à la règle de droit, ça c'est la guerre civile", a-t-il déploré.

Les manifestations "ne sont pas (autorisées) dans les faits (...) mais l'émotion mondiale, qui est saine sur ce sujet, dépasse au fond les règles juridiques qui s'appliquent", avait déclaré mardi Christophe Castaner au micro de BFMTV/RMC, à propos des rassemblements prévus ce jour-là. La loi sur l'état d'urgence sanitaire proscrit en effet les rassemblements de plus de 5.000 personnes dans toute la France et limite les rassemblements à 10 personnes sur la voie publique. "J'invite chacun à faire attention à pratiquer les gestes barrière mais nous ne chercherons pas à réaffirmer l'interdiction, qui est de droit qui est de fait, et il n'y aura pas de sanctions et de PV pour la participation à cette manifestation", avait-il ajouté. 

 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.