Manifestation des policiers: les syndicats ne veulent pas de "récupération politique"

Manifestation des policiers: les syndicats ne veulent pas de "récupération politique"
Gérald Darmanin rend visite à des policiers à Bordeaux le 25 mars 2021

publié le mardi 18 mai 2021 à 13h30

Les syndicats de police qui organisent mercredi une manifestation devant l'Assemblée nationale ont appelé mardi à un "rassemblement sans récupération politique", alors que des personnalités politiques de tout bord ont annoncé leur venue.

Pour les syndicats, qui ont demandé aux "citoyens" de se joindre au rassemblement, la manifestation doit d'abord être une démonstration du "soutien de la population à sa police républicaine". 

"Ce rassemblement ne sera donc la tribune d'aucun parti, ni d'aucun membre du gouvernement", écrivent-ils dans un communiqué commun. "Chacun est libre d'y participer", mais "aucun responsable politique ne pourra accéder à la tribune ni s'y exprimer", ajoutent-ils. 

Alors que la sécurité est redevenue un thème de campagne électorale, à quelques semaines des régionales et à un an de la présidentielle, de nombreux élus devraient être présents à ce rassemblement des policiers, qui réclament une sévérité pénale accrue contre les agresseurs de forces de l'ordre.

Le numéro deux du Rassemblement national Jordan Bardella mais aussi le candidat du PCF à la présidentielle Fabien Roussel, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure et l'eurodéputé Yannick Jadot - potentiel candidat à la primaire pour la présidentielle du pôle écologiste - ont notamment dit qu'ils iraient, à l'inverse de La France insoumise.

Du côté du gouvernement, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé sa présence. Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti pourrait passer "saluer les forces de l'ordre" si l'avancement des débats à l'Assemblée, où est examiné son projet de loi pour la "confiance" dans la justice, le permettait, a indiqué son entourage.

Le ministre de l'Intérieur "est le bienvenu, mais en tout état de cause pour tous les politiques, y compris le ministre de l'Intérieur, (il n'y a) pas de tribune, de piédestal", a déclaré sur RMC Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie Officiers.

Gérald Darmanin "ne va pas manifester contre lui-même, il sera dans son rôle de ministre de l'Intérieur, c'est-à-dire de premier policier de France, il ira saluer les policiers dans un moment où il est essentiel que la nation toute entière montre à quel point nous sommes derrière nos forces de l'ordre", a justifié sur LCI le patron de LREM, Stanislas Guerini, précisant que son mouvement participerait au rassemblement.

"Je ne suis pas persuadé que la place d'un ministre soit dans une manifestation, après c'est courageux d'aller à la rencontre de ses troupes sans filtre", a réagi sur Sud Radio le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, qui ira au rassemblement.

Les syndicats ont décidé de l'organiser après le meurtre du policier Eric Masson, sur un lieu de deal à Avignon, le 5 mai. Un drame qui a ébranlé la police, déjà marquée par l'assassinat le 23 avril de l'agente administrative Stéphanie Monfermé, au sein même du commissariat de Rambouillet (Yvelines).

Après le meurtre d'Avignon, le gouvernement avait rapidement donné des gages aux syndicats de policiers, reçus le 10 mai à Matignon. 

Le Premier ministre Jean Castex s'est notamment engagé à étendre à trente ans la période de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité pour un crime contre un policier ou un gendarme, et à limiter strictement les possibilités de réduction des peines pour ceux qui s'attaquent aux forces de l'ordre. 

Mais l'exécutif n'a pas retenu la revendication principale des syndicats, l'instauration de peines minimales pour les agresseurs des forces de l'ordre.

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