Manifestation contre le pass sanitaire : le préfet signale des pancartes antisémites, une enquête est ouverte

Manifestation contre le pass sanitaire : le préfet signale des pancartes antisémites, une enquête est ouverte©JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
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publié le dimanche 15 août 2021 à 15h43

Cette enquête vise le chef de "provocation publique à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée", a précisé le parquet de Paris.

Samedi 14 août, des manifestations contre le pass sanitaire ont eu lieu partout en France, pour le cinquième week-end consécutif. Après le signalement à la justice par le préfet de police de Paris de pancartes antisémites, une enquête a été ouverte ce dimanche.



Cette enquête vise le chef de "provocation publique à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée", a précisé le parquet de Paris.

Les investigations ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP), a-t-il ajouté.

A l'issue des défilés parisiens contre le pass sanitaire samedi, le préfet de police avait annoncé sur Twitter signaler à la justice des pancartes antisémites brandies par des manifestants.




Le préfet avait agi en application de l'article 40 du code de procédure pénale, qui impose à toute autorité ayant connaissance d'un crime ou d'un délit de le signaler à la justice.

Sur la photo accompagnant le tweet, on distingue deux pancartes avec l'inscription "Qui ?".

Ce slogan antisémite est apparu à plusieurs reprises dans les cortèges anti-pass en France à la suite d'un entretien accordé en juin sur la chaîne CNEWS à un général à la retraite, Daniel Delawarde, signataire d'une tribune évoquant "le délitement" de la France publiée par l'hebdomadaire Valeurs actuelles.

A la question "qui contrôle la 'meute médiatique' ?", il avait répondu "la communauté que vous connaissez bien", avant d'être coupé par le présentateur, Jean-Marc Morandini.

Une enseignante jugée en septembre

Une enseignante, ex-membre du Front national et ex-élue locale, qui avait manifesté samedi dernier à Metz avec ce slogan sur une pancarte, accompagné de noms de responsables politiques, hommes d'affaires et d'intellectuels pour la plupart juifs, sera jugée en septembre pour provocation à la haine raciale. Elle encourt un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

L'affaire a provoqué un tollé dans la classe politique et les organisations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. "Elle répondra du délit de provocation publique à la haine raciale par affiches ou placards", a précisé, dans un communiqué, le procureur de la République de Metz (Est), Christian Mercuri.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a par ailleurs annoncé mardi qu'il allait dénoncer à la justice le site antisémite "Ils sont partout" qui répertorie dans une cartographie différentes personnalités de confession juive ou présentées comme telles.




"Ce site antisémite est profondément scandaleux et nauséabond", a-t-il tweeé et doit "être fermé au plus vite".

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