"Malhonnête politiquement", "opportuniste", "parjure"... Les anciens amis de Rugy le jugent sévèrement

"Malhonnête politiquement", "opportuniste", "parjure"... Les anciens amis de Rugy le jugent sévèrement
François de Rugy à Paris, pour son premier conseil des ministres, le 5 septembre 2018.

Orange avec AFP, publié le mercredi 05 septembre 2018 à 14h09

Ses anciens collègues écologistes de l'Assemblée nationale s'accordent sur le fait que François de Rugy est un homme "très ambitieux", voire "opportuniste", et qui "rêvait" de ce poste de ministre de la Transition écologique.

Les ténors de l'opposition se sont fait un plaisir de critiquer vertement la nomination de François de Rugy au ministère de la Transition écologique. Plus surprenant, ses anciens collègues écologistes sont également très sévères avec l'ancien président de l'Assemblée nationale, rapporte franceinfo mercredi 5 septembre.



Ses anciens collègues à l'Assemblée nationale s'accordent sur le fait que François de Rugy est un homme "très ambitieux", voire "opportuniste", et qui "rêvait" de ce poste.

D'ailleurs, sa nomination n'a surpris personne. "Je ne suis pas tombé de ma chaise, confie à franceinfo l'ancien député Europe Écologie - Les Verts (EELV) Sergio Coronado. François de Rugy ne veut pas changer le système, pour lui, le marché offre des opportunités incroyables à l'écologie et ça, c'est très Macron-compatible." C'est d'ailleurs un deuxième point de convergence dans l'analyse des écologistes. Le nouveau ministre a une ligne "libérale" depuis toujours, et elle se "recycle bien dans le macronisme".

Cette ligne libérale avait éclaté au grand jour en août 2015, quand François de Rugy avait claqué la porte d'EELV, en dénonçant la "dérive gauchiste" de ses camarades et leur refus d'entrer dans le gouvernement de Manuel Valls. En 2017, il avait participé à a primaire organisée par le PS, et après avoir perdu, avait renoncé à son engagement de soutenir Benoît Hamon pour rejoindre Emmanuel Macron.



"Le fait qu'il participe à la primaire socialiste et qu'il soutienne après Macron est quelque chose de malhonnête politiquement", estime Isabelle Attard, députée EELV du Calvados entre 2012 et 2017. "Le parjure m'a un peu choqué, renchérit Sergio Coronado, ex-élu EELV des Français de l'étranger. Néanmoins, présenter François de Rugy comme un traître me pose problème, car il a toujours été ce qu'il est." Celui qui le connaît depuis 1992 l'assure : le nouveau ministre "a toujours été libéral, il ne l'a jamais caché."

Co-président du groupe écologiste à l'Assemblée nationale entre 2012 et 2016, il a laissé le souvenir de "quelqu'un d'isolé, qui n'avait pas d'entourage", selon un ancien collaborateur du groupe. Et selon un ancien parlementaire, "il se permettait des petites vacheries en baissant le ton pour espérer que l'on ne l'entende pas". Pour l'ancienne parlementaire Laurence Abeille (élue dans le Val-de-Marne entre 2012 et 2017), François de Rugy a surtout "travaillé sur ses affaires à lui". "Il n'œuvrait par pour le collectif des députés", et aurait même "joué un rôle dans l'explosion en plein vol du groupe", estime-t-elle. C'est "un peu la caricature du professionnel de la politique", tranche-t-elle. "C'est quelqu'un qui mène sa barque personnelle depuis plusieurs années", glisse encore à franceinfo Laurence Abeille, qui le qualifie "d'extraordinaire opportuniste".

"C'est quelqu'un qui rêvait de responsabilités, il doit être autre septième ciel d'avoir ce poste", confirme Isabelle Attard. "C'est quelqu'un qui a besoin des caméras, des flashs, il aime ça et a envie d'être dans la lumière", conclut Sergio Coronado.

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