Mairie de Paris : la présidentielle 2022 électrise les tensions entre Anne Hidalgo et Rachida Dati

Mairie de Paris : la présidentielle 2022 électrise les tensions entre Anne Hidalgo et Rachida Dati©Panoramic
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publié le vendredi 16 avril 2021 à 12h40

Les frictions sont de plus en plus fortes entre Anne Hidalgo, maire PS de Paris, et Rachida Dati, élue LR de l'opposition, et ce, à l'approche de la prochaine échéance présidentielle, rapporte Le Monde, vendredi 16 avril.

Il parait de moins en moins probable qu'Anne Hidalgo et Rachida Dati enterrent la hache de guerre. Depuis plusieurs mois, la relation entre la maire de Paris (PS) et l'élue d'opposition (LR) est électrique et la tension monte à mesure que se rapproche l'élection présidentielle de 2022.

Elles se font la guerre par passe d'armes lors du Conseil de Paris, mais aussi et surtout par médias interposés. Le Monde relate, vendredi 16 avril, plusieurs épisodes récents de cette brouille, impliquant notamment les soutiens de chacune. 

Alors que l'élue LR Anne Biraben, du groupe de Rachida Dati, devait prendre la parole lors du conseil mardi 13 avril, le slogan devenu viral "Saccage Paris", pour dénoncer la dégradation et la saleté de la capitale sous la mandature d'Anne Hidalgo, s'est affiché à l'écran. Le président de la séance, Patrick Bloche (PS), a dénoncé un message "insultant et injurieux", puis a décidé de couper l'image. La droite, portée par Rachida Dati, s'est alors offusquée avant de crier à la censure. Par ailleurs, Emmanuel Grégoire, premier adjoint et en réalité le lieutenant principal d'Anne Hidalgo, est régulièrement invectivé par Rachida Dati, qui l'appelle "le stagiaire" ou "le petit apparatchik", détaille Le Monde.



Des courriers très agressifs

Dans ces débats électriques et en réalité quasiment impossibles, un thème principal revient régulièrement sur le devant de la scène : la campagne présidentielle pour l'élection de 2022. "Il est vrai que vous semblez, ces temps-ci, plus soucieuse de mener une aventure personnelle que d'améliorer la situation concrète des Parisiens et des Parisiennes", a lâché Rachida Dati en visant directement l'édile socialiste, rapporte Le Parisien.

Ces accusations d'absentéisme sont répétées dans les deux camps, notamment dans celui de l'opposition, précisait Le Parisien début avril. Le quotidien évoque une suite de courriers agressifs entre Rachida Dati et Anne Hidalgo au mois de mars. La socialiste dénonçant notamment "la multiplication des incidents de séance liés à des interventions hors micro, sous forme d'interjections bruyantes, de vociférations et de propos volontairement agressifs ou méprisants", surtout quand des femmes prennent la parole.

Les élections de 2020, le point de rupture

"Elles s'écharpent comme jamais", précise Le Parisien. Pourtant, celles qui étaient adversaires aux élections municipales de 2020 n'ont pas toujours eu des relations aussi désastreuses. En décembre 2019, 20 Minutes citait des sources qui parlaient "d'entente cordiale", voire "de complicité". Cependant, la réélection d'Anne Hidalgo a été un tournant, un véritable point de rupture, précise Le Monde. Le ton a changé et le Conseil de Paris est devenu un véritable ring de boxe à l'approche de la prochaine échéance présidentielle.

Les proches de la maire de la capitale dénoncent "une obstruction jamais vue", et du côté de LR, on confirme la volonté de la maire du VIIe arrondissement "d'en découdre". "On nous a trop méprisés, nous en avons marre. Nous ne serions pas si agressifs si nous avions été entendus, par exemple sur la propreté, un problème que nous relayons depuis des années", justifie Emmanuelle Dauvergne (LR) auprès du quotidien du soir. "Anne Hidalgo méprise les Parisiens", lançait même encore Rachida Dati dans les colonnes du Figaro, le 13 avril.

La présidentielle et les élections régionales à venir sont donc les points de crispation principaux entre Anne Hidalgo et Rachida Dati. Les tensions sont croissantes, chacune ayant ses ambitions personnelles. "Les socialistes veulent éviter toute erreur qui gênerait Hidalgo, la droite les pousse à la faute, et les écolos cherchent à se distinguer du PS... Quand, au bout de trois sondages catastrophiques, la maire aura renoncé à se lancer, tout cela se calmera", croit savoir un élu de gauche au Monde. Mais il n'est pas sûr que cela suffise à décourager la native de San Fernando, en Espagne.

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