Macron sur TF1 : une démission "pour être libre"

Macron sur TF1 : une démission "pour être libre"
Emmanuel Macron le 30 août 2016 durant une conférence de presse à Bercy pour expliquer sa démission.
A lire aussi

, publié le mardi 30 août 2016 à 21h13

- Le ministre de l'Économie a remis sa démission François Hollande ce mardi "pour se consacrer entièrement à son mouvement politique", "En Marche". Une décision qu'il a justifiée durant une conférence de presse en fin d'après-midi puis au 20 Heures de TF1.

Sans toutefois confirmer ou démentir qu'il sera candidat à la présidentielle de 2017. -

Annoncée depuis des mois, après de nombreuses petites phrases et polémiques, la démission d'Emmanuel Macron est intervenue ce mardi 30 août. Le ministre de l'Economie sortant - désormais remplacé par Michel Sapin - s'en est expliqué au journal de TF1. M. Macron évoque son besoin d'être "libre". L'ancien banquier d'affaires a parlé de sa "liberté nécessaire pour proposer autre chose". Une liberté qui n'était "pas compatible" avec ses fonctions au sein du gouvernement. "Ma conviction profonde, c'est que notre pays a besoin d'une refondation", a-t-il estimé.

Il a répété sa volonté de proposer une "nouvelle offre politique", entre "ceux qui croient au progrès et ceux (qu'il) appelle les conservateurs". "C'est la meilleure façon d'être utile à mon pays", a-t-il estimé. M. Macron voit dans sa démission "la suite logique" de son choix de lancer son mouvement politique "En Marche". Il estime que sa décision est "la plus responsable" qu'il pouvait prendre.

UN "PROFOND RESPECT" POUR FRANCOIS HOLLANDE

Il a par ailleurs martelé son "profond respect pour les institutions et le président lui-même". "J'ai aimé être au gouvernement, j'ai été très honoré d'en faire partie", a-t-il assuré. "Je suis de gauche, d'une gauche qui se confronte au réel, qui veut réformer le pays", a-t-il par ailleurs affirmé - quelques semaines après s'être déclaré "ni de gauche, ni de droite", et quelques jours après s'être dit "pas socialiste".

L'ex-locataire de Bercy a en revanche refusé de révéler le contenu de son entretien avec le chef de l'Etat ce mardi après-midi ("Ces discussions resteront entre François Hollande et moi"), comme il n'a pas répondu aux questions sur son éventuelle candidature en vue de la présidentielle. Pense-t-il à l'Elysée en se rasant le matin ? "Ceux qui ont ce genre de réflexion risquent de tomber dans le narcissisme", a-t-il assené. "J'ai de l'ambition, je l'assume totalement (...) Mais j'ai une volonté : celle de porter l'espérance. L'espérance, c'est le risque des risques, a-t-il lancé, citant l'écrivain Georges Bernanos. Et c'est cela que nous allons faire". La présidence de la République, ce n'est pas un radio-crochet", a-t-il encore lancé.

Pour l'heure, l'ex-locataire de Bercy compte présenter "un diagnostic" fin septembre, à la suite duquel il proposera "des actions en profondeur". Il offrira "à tous les progressistes de travailler ensemble".

M. Macron est le huitième ministre à claquer la porte sous la présidence de François Hollande (après Arnaud Montebourg, Cécile Duflot ou encore Christiane Taubira). Il avait déjà justifié son départ lors d'une allocution à Bercy plus tôt dans la journée. "Je souhaite entamer une nouvelle étape de mon combat" politique et "construire un projet qui serve uniquement l'intérêt général", a-t-il déclaré. Le ministre sortant a souligné que, "dans notre Ve République, le seul moment où les débats nécessaires pour décider ces transformations peuvent utilement avoir lieu sont les campagnes présidentielles". De là à dire que son mouvement "En marche" sera un tremplin pour la course à l'Elysée...

Il a par ailleurs lié sa démission au système politique français. "J'ai touché du doigt les limites de notre système politique", a-t-il estimé, jugeant que ces dernières avaient contrecarré sa volonté de réforme. Notre système "pousse à des compromis de dernière minute, car le travail d'explication est rarement mené. Il fait la part belle aux peurs des uns et des autres", a encore estimé M. Macron.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.