Macron face à Bourdin et Plenel : ce qu'il faut retenir de l'interview

Macron face à Bourdin et Plenel  : ce qu'il faut retenir de l'interview

Emmanuel Macron ce dimanche 15 avril.

leparisien.fr, publié le dimanche 15 avril 2018 à 23h39

Près de trois heures d'entretien. Un ton parfois virulent, et beaucoup de dossiers traités, dont la Syrie et les multiples conflits sociaux. Notre résumé de l'échange d'Emmanuel Macron avec Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin.

De la Syrie aux différents mouvements sociaux en passant par le port du voile, Emmanuel Macron a répondu dans une ambiance souvent électrique aux questions de Jean-Jacques Bourdin (BFMTV et RMC) et Edwy Plenel (Mediapart).

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Voici ce qu'il faut retenir de cette soirée au théâtre de Chaillot, thématique par thématique.

Les frappes sur la Syrie. Emmanuel Macron a défendu la « légitimité » de « l'action multilatérale » des troupes françaises, américaines et britanniques dans la nuit de vendredi à samedi sur trois sites liés au programme d'armement chimique syrien. Alors certains lui reprochaient d'être intervenu hors du cadre de Nations Unies, « c'est la communauté internationale qui est intervenue », a rétorqué le chef des armées. « La France n'a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad », a-t-il rappelé dans la lignée de ses alliés.

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S'il pousse la voie de la « solution politique », il a aussi accusé explicitement Vladimir Poutine et la Russie d'être «complices » des crimes en Syrie. Le président français s'est par ailleurs enorgueilli d'avoir « convaincu » Donald Trump de rester engagé « dans la durée » dans ce conflit, aux airs de bourbier, ayant déjà fait plus de 350 000 morts.

Mécontentements sociaux. C'est durant cette thématique que le ton s'est fait le plus offensif entre Emmanuel Macron comme d'Edwy Plenel. « Je conteste l'orientation de votre question qui viserait à voir une logique ou à vouloir créer une coagulation dans ces mécontentements, a lâché le président français. Pas de convergence des luttes donc. « Le mécontentement des cheminots a peu à voir avec le mal-être profondément légitime à l'hôpital qui dure depuis des années... ».

Comme jeudi midi sur TF1, il a également rappelé qu'il comptait mener à son terme la réforme abrasive de la SNCF, excluant au passage touteprivatisation. « C'est une colère que je comprends, que je respecte mais qui est liée à une décision que nous prenons, que j'assume, une réforme que nous mènerons jusqu'au bout », a-t-il développé. « A partir du 1er janvier 2020, l'Etat reprendra une partie de la dette », a également déclaré le chef d'Etat, comme il l'avait laissé entendre sur TF1.

Autre secteur en difficulté, le monde hospitalier ne fera pas l'objet d'économies « durant son quinquennat », a-t-il expliqué, promettant des « décisions précises » fin mai.

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Une deuxième journée de solidarité ? « Je ne suis pas contre, je pense que c'est une piste intéressante, il faut le regarder », a assuré Emmanuel Macron. L'idée a déjà été évoquée jeudi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, afin de financer l'accompagnement des personnes âgées et des handicapés. La première journée avait été instaurée après la canicule de 2003.

Le débat « président des riches ». Une nouvelle fois, Emmanuel Macron a dit assumer ses réformes et la théorie des « premiers de cordée ». Sur la réforme de l'ISF : « Les choix qui ont été faits, quels sont leurs objectifs ? Garder les talents et les attirer, et leur permettre de réinvestir dans l'économie. Je veux que les chefs d'entreprise avec leurs salariés soient en position de se décider. Il faut donc des règles qui favorisent les entrepreneurs et les investisseurs ». Sur la CSG : Macron « sait l'effort » qu'il a demandé aux retraités.

Il a également promis que la fiscalité n'augmenterait pas en France durant son quinquennat et qu'aucun nouvel impôt, ni local ni national, ne serait créé.

La colère des zadistes et des étudiants. « L'ordre républicain » et rien d'autre. Il a répété l'expression à l'envie au moment d'évoquer la contestation « illégitime » des zadistes expulsés à Notre-Dame-des-Landes et l'occupation de plusieurs universités françaises. Celles-ci serait aux mains de « professionnels du désordre », les étudiants étant selon lui « souvent minoritaires ». Quant à Notre-Dame-des-Landes, « tout ce qui doit être évacué, le sera » à l'issue du nouveau délai d'expulsion.

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Laïcité. Cette thématique a rapidement débordé sur celle de l'islam. Macron déclarant que le port du voile « n'était pas conforme à la civilité qu'il y a dans notre pays ». « Je ne veux pas de loi qui l'interdise dans la rue, ce serait contre-productif, a-t-il poursuivi. La société n'est pas laïque et doit leur permettre de porter leur voile. Ce que je veux c'est qu'aucune femme ne soit obligée de le porter le voile ».

Loi Asile et immigration. Comme depuis des semaines, Emmanuel Macron s'est appuyé sur tandem « humanisme » pour les personnes éligibles à l'asile et « efficacité » dans le renvoi des autres. Il a aussi indiqué vouloir « adapter » mais pas « supprimer » le délit de solidarité, distinguant ceux qui « aident consciemment ou inconsciemment les passeurs » des autres « qui sauvent des vies ».

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L'instant Hollande. Emmanuel Macron a récusé dimanche toute « duplicité » lorsqu'il était conseiller puis ministre de François Hollande. Tout en considérant qu'être membre d'un gouvernement, ce n'est pas « être un obligé ». Il a précisé qu'il lirait « sans doute » le livre polémique de François Hollande. Un livre qui a « sa part de vérité » et un homme pour lequel il a « du respect ».

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