Lyon : des "gilets jaunes" se joignent à une commémoration de la Shoah

Lyon : des "gilets jaunes" se joignent à une commémoration de la Shoah
Une chaîne humaine de "gilets jaunes", à Bordeaux, le 27 janvier 2019 (illustration)

publié le dimanche 27 janvier 2019 à 19h40

"Un grand moment" : dimanche midi, une centaine de "gilets jaunes", venus initialement faire une chaîne humaine dans le centre-ville de Lyon, se sont joints à la commémoration des victimes de la Shoah.


Comme ailleurs en France, plusieurs centaines de "gilets jaunes" se sont réunis pour former une chaîne humaine sur la place Bellecour à Lyon, dans une ambiance chahuteuse et bon enfant qui contrastait avec le ton digne et grave de la cérémonie dédiée aux 6 millions de morts de la Shoah, qui se tenait au même moment.Comme chaque 27 janvier, date anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, ils participaient, au pied du "Veilleur de pierre", à la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste. Au moment où les manifestants ont encerclé la statue de Louis XIV, Tim, l'un des organisateurs, lance au mégaphone: "Soyez silencieux par respect pour les victimes de la déportation".

Une "frange" de fauteurs de troubles

Un rabbin, puis le sous-préfet du Rhône Clément Vivès, viennent aussi leur demander silence et respect.

La majorité s'exécutent même si certains continuent de crier ou de faire vrombir des instruments. Après une photo collective, la plupart des manifestants se rapprochent. Au micro, Jean-Claude Nerson, vice-président de l'Amicale d'Auschwitz du département du Rhône, venait de parler d'une "frange de 'gilets jaunes' antisémites".


"Les juifs sont comme le canari dans la mine, les premiers agressés", ajoutait-il, appelant "à ne rien laisser passer", aucun acte raciste ou antisémite. Les "gilets jaunes" écoutent et assisteront à toute la fin de la cérémonie, notamment au kaddish, la prière des morts, dans un silence absolu.

"Certains s'infiltrent"

"C'est très bien que vous soyez venus, que vous vous soyez associés. Il faut qu'il y ait une transmission. Je voulais vous dire ça, moi, en tant que porteur de mémoire vive", dira, bouleversée, Sylviane Sarah Oling "fille de déporté", à un couple de "gilets jaunes". "A un moment, ça a été un grand silence, vous vous êtes tous rapprochés. Ca a été un grand moment", glisse de son côté l'adjoint au maire de Lyon en charge de la Mémoire, Jean-Dominique Durand, les invitant "à faire le ménage" dans leurs rangs."Il y a des doutes qui sont permis car certains s'infiltrent. C'était une belle occasion de montrer que l'antisémitisme n'a pas sa place ici", répond Thomas Rigaud, "gilet jaune". "On était venu pour une chaîne humaine mais quand on voit ça, on est touché. Et on devrait faire une chaîne humaine pour dire : 'il ne faut pas que ça se reproduise'", réagit de son côté Samia.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.