Lutte contre "l'islam politique" : les financements étrangers des associations bientôt soumis à une obligation de déclaration ?

Lutte contre "l'islam politique" : les financements étrangers des associations bientôt soumis à une obligation de déclaration ?
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le 16 octobre 2020.

, publié le vendredi 23 octobre 2020 à 14h40

Actuellement, ces financements sont "contrôlés par les services de renseignement mais ne sont pas obligatoirement déclarés", selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. 

Une semaine après le meurtre du professeur Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a dévoilé sur Europe 1 une série de mesures qu'il souhaitait mettre en place pour mieux lutter contre "l'islam politique" et son financement. 



Le locataire de Bercy a notamment expliqué qu'il voulait rendre obligatoire la déclaration des financements étrangers reçus par les associations cultuelles. "Je propose que désormais toute somme venue de l'étranger, à partir d'un certain montant, lorsqu'elle va vers une association cultuelle, soit déclarée obligatoirement en préfecture, pour qu'elle soit contrôlée", a ainsi déclaré le ministre vendredi 23 octobre. Actuellement, ces financements sont simplement "contrôlés par les services de renseignement mais ne sont pas obligatoirement déclarés", a-t-il expliqué.

Par ailleurs, il souhaite rendre obligatoire "l'identification" des personnes qui achètent des cartes de paiement prépayées accessibles dans les bureaux de tabac. "Il faut que nous soyons aussi méticuleux, précis et obstinés que nos adversaires", a défendu Bruno Le Maire.


Le ministre veut aussi responsabiliser les plateformes numériques sur lesquelles s'expriment des messages haineux ou d'appel à la violence. Il souhaite qu'elles puissent être "poursuivies et condamnées à une amende lourde", par exemple "jusqu'à 4% de leur chiffre d'affaires mondial", si elles ne retirent pas "sans délai les messages de vengeance ciblant directement nos compatriotes", a-t-il proposé dans un entretien au Figaro.


En outre, Bruno Le Maire a vivement dénoncé "tous ceux qui aujourd'hui soutiennent, excusent l'islam politique". Ils "sont complices de la volonté de cet islam politique d'abattre la nation française", a-t-il jugé. "Les élus locaux qui tolèrent les ouvertures différenciées de piscines, des comportements qui ne sont pas respectueux de nos règles républicaines, par leur lâcheté, par leurs petits renoncements, par leurs accommodements raisonnables, dans le fond ne cessent d'alimenter l'islam politique", a-t-il dénoncé.

Dans son entretien au Figaro, le ministre a aussi cité explicitement "certains partis politiques, comme La France insoumise ou une fraction des Verts qui relaient les discours sur l'islamophobie par calcul ou par idéologie", ainsi que "certains syndicats étudiants comme l'Unef" ou encore "les complicités" avec "tous les États qui abritent, soutiennent ou financent les Frères musulmans".
 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.